Un mariage de cent vingt couverts, un plateau-repas livré à un cabinet d'avocats, des terrines vendues en boutique : trois ventes, trois taux possibles. La TVA traiteur est l'un des sujets où les erreurs sont les plus fréquentes, parce qu'un même métier recouvre des opérations que l'administration classe différemment. Appliquer 10 % là où 5,5 % suffit coûte de la marge ; appliquer 5,5 % là où 10 % est dû coûte un rappel, majoré, en cas de contrôle.
Cet article vous donne une méthode pour déterminer le taux de TVA applicable à chaque prestation d'un traiteur, qu'il s'agisse d'un traiteur événementiel avec service, de livraisons ou de vente à emporter. Il explique aussi comment ventiler un forfait qui comprend des boissons alcoolisées, et ce qu'il faut faire apparaître sur vos devis et factures.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026, à partir de la doctrine administrative publiée au Bofip. L'exemple chiffré est fictif.
Il n'y a pas un taux traiteur, mais un taux par type d'opération. Trois questions suffisent à le trouver : y a-t-il un service autour du repas, le produit est-il destiné à être consommé tout de suite, et y a-t-il de l'alcool ?
La restauration et les ventes à consommer sur place relèvent du taux de 10 %, hors boissons alcooliques soumises au taux normal (BOI-TVA-LIQ-30-20-10-20, paragraphes 10 et 50). Les plats préparés vendus à emporter ou livrés pour une consommation immédiate relèvent aussi de 10 %. Les plats cuisinés qui peuvent être conservés relèvent du taux de 5,5 % applicable aux produits alimentaires (BOI-TVA-LIQ-30-10-10, paragraphes 300 à 330). C'est la nature de la prestation qui fixe le taux, pas le nom du métier inscrit sur votre Kbis.
Un restaurant sert presque tout sur place, au même taux. Un traiteur passe dans la même semaine de la vente au comptoir à la réception avec maîtres d'hôtel, puis à la livraison de buffets. Si le logiciel de devis applique un taux unique par défaut, l'erreur se répète sur chaque facture. Une revue de vos paramétrages par un expert-comptable spécialisé CHR évite que l'erreur ne s'accumule sur trois ans.
Parce que l'administration considère que la nourriture et les services qui l'accompagnent forment une seule prestation de restauration, taxée à 10 % hors alcool.
La notion de vente à consommer sur place vise notamment la fourniture de produits pour des réceptions privées ou professionnelles (paragraphe 60). Le Bofip précise que le service à table, la mise à disposition de matériel (vaisselle, tables, chaises, équipements de réchauffage), la mise en place et la décoration, la fourniture d'espaces comme des salles ou des tentes, ainsi que le vestiaire et la conciergerie forment avec les repas une prestation unique et indissociable au taux de 10 % (paragraphe 110). Vous n'avez donc pas à appliquer un taux différent à la location des nappes ou à la mise en place de la salle lorsqu'elles accompagnent le repas.
Certains services ne suivent pas la prestation de restauration, même facturés dans le même devis : le service de voiturier ou de chauffeur et les prestations d'animation relèvent de leur taux propre (paragraphe 120). Un DJ, un orchestre ou un photographe refacturés par le traiteur doivent donc apparaître sur une ligne distincte, au taux qui leur est applicable.
Le service facturé au client fait partie du prix et suit le régime de la prestation à laquelle il se rattache, avec les mêmes règles de ventilation lorsque des boissons alcooliques sont servies (paragraphe 90 ; BOI-TVA-BASE-10-20-40-20). Les pourboires laissés spontanément par les clients, eux, ne sont pas compris dans le chiffre d'affaires taxable lorsqu'ils ne jouent pas le rôle de salaire.
| Prestation | Taux | Ce qui fait basculer |
|---|---|---|
| Repas servi avec personnel, matériel ou salle (mariage, séminaire, cocktail) | 10 % sur l'ensemble, hors alcool | La fourniture de nourriture s'accompagne de services qui en font une prestation de restauration |
| Plats livrés ou emportés pour une consommation immédiate (plateaux-repas, buffet prêt à servir) | 10 % | Produits destinés à être consommés dans les instants qui suivent |
| Plats cuisinés emportés ou livrés pouvant être conservés | 5,5 % | Conditionnement permettant la conservation, plats à réchauffer |
| Boissons non alcooliques servies lors de la prestation | 10 % | Taux de la prestation de restauration |
| Boissons alcooliques, y compris dans un forfait | Taux normal (20 %) | Ventilation obligatoire du forfait |
| Animation, voiturier ou chauffeur | Taux propre au service | Ces services ne suivent pas la prestation de restauration |
| Majoration pour service | Taux de la prestation à laquelle elle se rattache | Ventilée comme le reste du prix si de l'alcool est servi |
Repères de lecture : les taux concernent la France métropolitaine. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Synthèse de la doctrine administrative vérifiée le 19 octobre 2026. Les références d'articles du Code général des impôts ne sont pas reprises, en raison de la recodification prévue au 1er janvier 2027.
Tout dépend de la consommation immédiate. Un plat destiné à être mangé dans les instants qui suivent l'achat est à 10 %, un plat qui peut être conservé est à 5,5 %.
Le Bofip définit les produits destinés à une consommation immédiate comme ceux qui, chauds ou froids, sont destinés à être consommés dans les instants suivant l'achat et qui ne sont pas destinés à être conservés, compte tenu de leurs caractéristiques (paragraphe 310). Le fait que le client ne les mange pas tout de suite ne change rien. Relèvent notamment du taux de 10 % les repas livrés directement au client et les plateaux-repas (paragraphe 320).
Les plats cuisinés emportés, notamment chez les traiteurs, relèvent de 5,5 % dès lors qu'ils peuvent être conservés, de même que les produits vendus dans un emballage permettant la conservation (paragraphe 330). Le tableau récapitulatif du Bofip distingue ainsi les produits de traiteur à emporter ou à livrer (5,5 %) et les produits de traiteur à consommer immédiatement (10 %). Pour les livraisons, il précise que le taux de 10 % suppose que la préparation, la vente et la livraison se suivent immédiatement.
Aucun lieu de vente n'est exclu par principe du taux de 10 %, mais lorsque la fourniture de nourriture s'inscrit dans un ensemble de prestations consistantes (salle, matériel, personnel), l'ensemble devient une prestation de restauration (paragraphe 340). Un traiteur qui installe des tables et des couverts dans sa boutique pour une consommation sur place applique donc 10 % à ces ventes, même sur des produits qui seraient à 5,5 % à emporter. Le même raisonnement vaut pour les boulangeries, détaillé dans l'article sur la TVA en boulangerie.
En séparant la part des boissons alcooliques, taxée au taux normal, de la part restauration, taxée à 10 %. Lorsque le prix des alcools n'est pas identifiable, la ventilation doit être économiquement rationnelle et justifiable.
Lorsque le client compose librement son menu, chaque élément suit son propre taux. Pour un menu à prix forfaitaire, le prix doit être ventilé : la fraction correspondant aux boissons alcooliques relève du taux normal, le reste du taux de 10 % (paragraphes 70 et 80). L'alcool incorporé à un plat suit le taux du plat. Le Bofip illustre la méthode avec le rapport entre les prix hors taxe à la carte des éléments au taux réduit et le prix total, et admet une méthode forfaitaire commune pour plusieurs menus lorsque la proportion d'alcool est comparable.
Un traiteur facture un forfait de mariage à 95 euros TTC par convive, vin et champagne compris. S'ils étaient vendus séparément, le repas vaudrait 60 euros hors taxe et les boissons alcooliques 20 euros hors taxe : la part au taux réduit représente donc 75 % du prix hors taxe. Le prix hors taxe du forfait se reconstitue en divisant 95 euros par 1,125 (soit 75 % à 1,10 et 25 % à 1,20), ce qui donne 84,44 euros. La part à 10 % s'élève à 63,33 euros, avec 6,33 euros de TVA, et la part au taux normal à 21,11 euros, avec 4,22 euros de TVA. Appliquer 10 % sur tout le forfait aurait minoré la TVA due d'environ 1,92 euro par convive, soit plus de 230 euros pour cent vingt invités. Les chiffres sont fictifs.
Gardez la carte ou la grille de prix qui a servi de base au calcul, et appliquez la même méthode d'un événement à l'autre. En cas de contrôle, l'administration demande comment la ventilation a été faite. L'article sur le contrôle fiscal en restauration détaille les points regardés en priorité.
Une ligne par taux, et une séparation nette entre ce qui relève de la restauration et ce qui relève d'autres services.
Distinguez sur le devis la prestation de restauration (repas, boissons non alcooliques, service, matériel et mise en place), les boissons alcooliques, et les services refacturés à leur propre taux (animation, voiturier). Le client professionnel récupère la TVA ligne par ligne, et une facture lisible évite les contestations. Les règles générales des taux en restauration sont rappelées dans l'article sur la TVA en restauration en 2026.
Créez dans votre logiciel des familles de produits par taux : vente à emporter conservable, consommation immédiate, prestation avec service, alcool. Une boutique de traiteur qui vend aussi en livraison via des plateformes doit appliquer les mêmes règles à ces ventes, comme expliqué dans l'article sur Uber Eats et Deliveroo pour un restaurateur.
Un traiteur qui relève de la franchise en base ne facture pas la TVA et ne la récupère pas sur ses achats. Les seuils et les contraintes de ce régime sont présentés dans l'article sur la franchise en base de TVA. Si une partie de votre activité est de l'hébergement, par exemple un traiteur associé à un gîte de réception, les règles de l'hôtellerie s'ajoutent : voir l'article sur la TVA à l'hôtel.
Le cabinet vérifie que chaque type de vente est taxé au bon taux, puis tient la comptabilité et les déclarations en conséquence.
JUM Advisory passe en revue vos devis, factures et paramétrages de caisse, identifie les opérations mal classées, construit avec vous une méthode de ventilation des forfaits documentée et l'applique à vos modèles de devis. Lorsqu'une erreur passée est détectée, le cabinet en chiffre l'impact et vous conseille sur la régularisation.
Le cabinet établit vos déclarations de TVA, suit les marges par type de prestation (événementiel, livraison, boutique) et vous aide à fixer des prix qui tiennent compte du taux réellement applicable. Les missions sont présentées sur la page de l'expertise comptable restauration, et la page du cabinet d'expertise comptable spécialisé en restauration à Lyon détaille l'accompagnement local. Pour faire relire vos devis, contactez le cabinet.
Raisonner prestation par prestation, et documenter chaque forfait.