
Trois taux se croisent sur la même activité, et le logiciel de billetterie en applique un seul, celui qui a été paramétré le premier jour. Une création qui relève de 2,10 % est vendue à 5,5 %, ou l'inverse une fois le quota de séances épuisé. L'écart ne se voit pas sur une date, il se voit sur une saison, et il ne se rattrape pas auprès des spectateurs.
Le taux de 2,10 % ne vaut que pour un nombre de séances défini, et le compteur tourne par spectacle, pas par exercice. Une compagnie qui tourne deux saisons avec la même création franchit le seuil sans s'en apercevoir, souvent au milieu d'une tournée. Le rappel porte alors sur la différence de taux, sur toutes les dates jouées après le franchissement.
Un artiste qui facture depuis sa micro-entreprise règle un problème administratif et en crée un plus lourd. La présomption de contrat de travail ne se neutralise pas par un document. Le risque est social, il se chiffre en cotisations rappelées sur trois ans, et il pèse sur le producteur, pas sur l'artiste.
Une aide notifiée en mars pour une création jouée la saison suivante, un solde versé après remise du compte rendu, une coproduction dont la part arrive en fin de tournée : le résultat affiché suit le calendrier des financeurs, pas celui des productions. Sans rattachement par spectacle, une saison déficitaire peut ressortir bénéficiaire, et l'inverse l'année d'après.
Nous qualifions chaque production au regard des textes : création nouvelle, reprise, nouvelle mise en scène d'une œuvre classique, concert, variétés. La qualification décide du taux, et elle se documente au moment de la création, pas au moment du contrôle.
Nous mettons en place un suivi du nombre de séances payantes par spectacle, séparé des séances gratuites qui n'entrent pas dans le compte. Vous savez à quelle date la bascule de taux interviendra, et vous pouvez la prévoir dans vos contrats de cession.
Cachets, répétitions, contrats à durée déterminée d'usage, congés spectacles : nous produisons la paie du secteur et nous vérifions, avant l'engagement, si vous relevez du guichet unique ou si vous êtes employeur à titre principal.
Nous lisons vos contrats avant signature sur le seul angle comptable et fiscal : ce qui est une cession, ce qui est une coproduction, ce qui est un apport en industrie, et le taux de TVA qui suit chaque ligne. La rédaction d'un contrat de cession décide de son traitement.
Nous rattachons chaque aide à la production qu'elle finance et nous suivons les soldes en attente de compte rendu. Le plan de trésorerie intègre les délais réels de versement, ceux que vous constatez, pas ceux annoncés dans la convention.
Nous construisons le coût complet d'une création, plateau, répétitions, décors et costumes compris, puis nous l'amortissons sur le nombre de dates réellement vendables. C'est ce chiffre qui donne le prix de cession plancher à ne pas franchir.
Cadre général applicable à la date de publication.
La licence telle qu'on la connaît n'existe plus sous cette forme. Depuis l'ordonnance du 3 juillet 2019, l'article L7122-3 du code du travail permet à toute personne relevant d'une des catégories d'entrepreneur de spectacles vivants d'exercer sous réserve de remplir les conditions de l'article L7122-4 et de déclarer son activité auprès de l'autorité administrative compétente. Cette déclaration donne lieu à un récépissé valant licence.
Deux points sont mal compris. Le premier : la déclaration n'est pas un simple enregistrement, l'autorité administrative peut s'opposer à la délivrance du récépissé si les conditions ne sont pas remplies. Le second : le récépissé a un délai de validité, fixé par le décret en Conseil d'État mentionné à l'article L7122-17. Une compagnie qui laisse expirer le sien perd la base juridique de son activité de production.
Trois taux coexistent sur une même activité, et le bon dépend du spectacle, du lieu et du nombre de séances déjà jouées.
Le taux de 2,10 % de l'article 281 quater du code général des impôts vise les recettes réalisées aux entrées des premières représentations théâtrales d'œuvres dramatiques, lyriques, musicales ou chorégraphiques nouvellement créées, ou d'œuvres classiques faisant l'objet d'une nouvelle mise en scène. L'article 89 ter de l'annexe III fixe le nombre : les 140 premières séances où le public est admis moyennant paiement, les séances entièrement gratuites étant exclues du décompte. Le même article définit l'œuvre classique comme celle d'un auteur décédé depuis plus de cinquante ans.
Le taux de 5,5 % prévu au F de l'article 278-0 bis couvre les théâtres, théâtres de chansonniers, cirques et concerts, ainsi que les spectacles de variétés, à l'exception de ceux donnés dans les établissements où il est d'usage de consommer pendant les séances. L'exception ne joue pas pour les établissements affiliés au Centre national de la musique. Le 2° du même F vise le billet donnant accès à des interprétations originales d'œuvres musicales avec au moins un artiste rémunéré présent.
Hors de ces cas, le taux normal de 20 % de l'article 278 s'applique. À part, la cession de droits patrimoniaux reconnus aux auteurs et aux artistes-interprètes relève du taux de 10 % prévu au g de l'article 279. Une compagnie qui vend une représentation et facture par ailleurs des droits n'applique donc pas le même taux aux deux lignes.
Rarement, et jamais par simple commodité. L'article L7121-3 du code du travail pose que tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle en vue de sa production est présumé être un contrat de travail, dès lors que cet artiste n'exerce pas cette activité dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce et des sociétés. La présomption pèse sur celui qui engage.
Pour les employeurs dont ce n'est pas le métier, le code organise un passage obligé. Les articles L7122-22 et L7122-23 imposent aux personnes qui n'ont pas pour activité principale la production, la diffusion ou l'exploitation de lieux de spectacles de passer par un organisme habilité par l'État pour les déclarations d'embauche et d'emploi en contrat à durée déterminée des artistes et des techniciens, ainsi que pour la retenue à la source de l'article 204 A du code général des impôts.
| Obligation | Référence | Ce qu'elle implique |
|---|---|---|
| Déclaration d'activité | Code du travail, art. L7122-3 | Récépissé valant licence, délivré après vérification des conditions, avec un délai de validité à suivre |
| Présomption de salariat | Code du travail, art. L7121-3 | Le contrat conclu avec un artiste est présumé être un contrat de travail, sauf inscription au RCS |
| Guichet unique | Code du travail, art. L7122-22 et L7122-23 | Déclarations d'embauche et retenue à la source par un organisme habilité, pour les employeurs occasionnels |
| TVA à 2,10 % | CGI, art. 281 quater | Premières représentations d'une création ou d'une nouvelle mise en scène d'une œuvre classique |
| Décompte des séances | CGI, annexe III, art. 89 ter | 140 premières séances payantes, les séances entièrement gratuites n'entrent pas dans le compte |
| TVA à 5,5 % | CGI, art. 278-0 bis, F | Théâtres, cirques, concerts et variétés, hors établissements où l'on consomme pendant la séance |
| Cession de droits | CGI, art. 279, g | 10 % sur les droits patrimoniaux des auteurs et des artistes-interprètes |
Le coût de création, rapporté au nombre de dates réellement vendues. Répétitions, scénographie, costumes et temps d'écriture sont engagés avant la première, souvent sur un exercice sans recette de tournée. Quand ce coût n'est pas amorti sur la durée d'exploitation prévue, la première saison ressort catastrophique et les suivantes trop belles. Le prix de cession, lui, se négocie sur un coût de plateau qui ignore la création.
Le second angle mort tient à la trésorerie, pas à la rentabilité. Cachets, défraiements et transport se paient le jour de la date. Les cessions se règlent à trente ou soixante jours, les subventions par acomptes et soldes. Notre simulateur de BFR et de trésorerie nette vous permet de mesurer ce décalage sur vos chiffres avant d'engager une production.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde vos contrats de cession, votre licence d'entrepreneur et la part d'intermittents dans votre masse salariale.
Reprise du dossier, cadrage du traitement des subventions et des recettes de billetterie, spectacle par spectacle.
Tenue courante, paie des intermittents, déclarations sociales et suivi des échéances liées aux organismes du secteur.
Points réguliers sur le résultat par production et sur l'équilibre entre subventions et recettes propres.
Cas type. Une compagnie lyonnaise de théâtre, structure associative, quatre permanents et une vingtaine d'intermittents par saison, nous consulte parce que ses résultats varient sans rapport avec son activité. Une saison à 40 000 euros de perte, la suivante à 30 000 euros de bénéfice, avec le même nombre de dates jouées. La création d'un spectacle avait été passée en charges sur un seul exercice, pendant que les subventions correspondantes étaient comptabilisées à l'encaissement, l'année suivante.
Le travail a consisté à rattacher chaque aide à la production qu'elle finance, à étaler le coût de création sur la durée d'exploitation prévue et à reconstituer le décompte des séances payantes par spectacle, qui n'existait pas. Le décompte a révélé qu'une création reprise en tournée depuis deux saisons approchait du terme de son quota de séances à taux particulier. Les contrats de cession de la saison suivante ont été rédigés en conséquence, avec une clause de prix hors taxes.