Expert-comptable pour le spectacle vivant

Trois taux de TVA sur une même billetterie, un décompte de séances à tenir, des cachets qui ne se paient pas sur facture : le spectacle vivant a une comptabilité qui lui est propre.

Spectacle vivant
2,10 %
de TVA sur les 140 premières séances payantes d'une création (CGI, art. 281 quater et annexe III, art. 89 ter)
5,5 %
sur la billetterie des théâtres, cirques et concerts (CGI, art. 278-0 bis, F)
1 récépissé
de déclaration d'activité, qui vaut licence d'entrepreneur de spectacles (code du travail, art. L7122-3)
10 %
sur les cessions de droits patrimoniaux d'auteur et d'artiste-interprète (CGI, art. 279, g)
Vos enjeux

Ce qui coince dans votre secteur

Votre billetterie sort au mauvais taux de TVA

Trois taux se croisent sur la même activité, et le logiciel de billetterie en applique un seul, celui qui a été paramétré le premier jour. Une création qui relève de 2,10 % est vendue à 5,5 %, ou l'inverse une fois le quota de séances épuisé. L'écart ne se voit pas sur une date, il se voit sur une saison, et il ne se rattrape pas auprès des spectateurs.

Personne ne tient le décompte des séances

Le taux de 2,10 % ne vaut que pour un nombre de séances défini, et le compteur tourne par spectacle, pas par exercice. Une compagnie qui tourne deux saisons avec la même création franchit le seuil sans s'en apercevoir, souvent au milieu d'une tournée. Le rappel porte alors sur la différence de taux, sur toutes les dates jouées après le franchissement.

Les cachets sont réglés sur facture parce que c'est plus simple

Un artiste qui facture depuis sa micro-entreprise règle un problème administratif et en crée un plus lourd. La présomption de contrat de travail ne se neutralise pas par un document. Le risque est social, il se chiffre en cotisations rappelées sur trois ans, et il pèse sur le producteur, pas sur l'artiste.

Les subventions écrasent la lecture du résultat

Une aide notifiée en mars pour une création jouée la saison suivante, un solde versé après remise du compte rendu, une coproduction dont la part arrive en fin de tournée : le résultat affiché suit le calendrier des financeurs, pas celui des productions. Sans rattachement par spectacle, une saison déficitaire peut ressortir bénéficiaire, et l'inverse l'année d'après.

Accompagnement

Notre accompagnement

Cadrage du régime de TVA, spectacle par spectacle

Nous qualifions chaque production au regard des textes : création nouvelle, reprise, nouvelle mise en scène d'une œuvre classique, concert, variétés. La qualification décide du taux, et elle se documente au moment de la création, pas au moment du contrôle.

Tenue du décompte des séances à taux particulier

Nous mettons en place un suivi du nombre de séances payantes par spectacle, séparé des séances gratuites qui n'entrent pas dans le compte. Vous savez à quelle date la bascule de taux interviendra, et vous pouvez la prévoir dans vos contrats de cession.

Paie des artistes et des techniciens

Cachets, répétitions, contrats à durée déterminée d'usage, congés spectacles : nous produisons la paie du secteur et nous vérifions, avant l'engagement, si vous relevez du guichet unique ou si vous êtes employeur à titre principal.

Contrats de cession, coproductions et apports

Nous lisons vos contrats avant signature sur le seul angle comptable et fiscal : ce qui est une cession, ce qui est une coproduction, ce qui est un apport en industrie, et le taux de TVA qui suit chaque ligne. La rédaction d'un contrat de cession décide de son traitement.

Suivi des subventions et de la trésorerie

Nous rattachons chaque aide à la production qu'elle finance et nous suivons les soldes en attente de compte rendu. Le plan de trésorerie intègre les délais réels de versement, ceux que vous constatez, pas ceux annoncés dans la convention.

Coût de production et prix de cession

Nous construisons le coût complet d'une création, plateau, répétitions, décors et costumes compris, puis nous l'amortissons sur le nombre de dates réellement vendables. C'est ce chiffre qui donne le prix de cession plancher à ne pas franchir.

Cadre reglementaire

Spécificités comptables et fiscales

Cadre général applicable à la date de publication.

Faut-il encore une licence d'entrepreneur de spectacles vivants ?

La licence telle qu'on la connaît n'existe plus sous cette forme. Depuis l'ordonnance du 3 juillet 2019, l'article L7122-3 du code du travail permet à toute personne relevant d'une des catégories d'entrepreneur de spectacles vivants d'exercer sous réserve de remplir les conditions de l'article L7122-4 et de déclarer son activité auprès de l'autorité administrative compétente. Cette déclaration donne lieu à un récépissé valant licence.

Deux points sont mal compris. Le premier : la déclaration n'est pas un simple enregistrement, l'autorité administrative peut s'opposer à la délivrance du récépissé si les conditions ne sont pas remplies. Le second : le récépissé a un délai de validité, fixé par le décret en Conseil d'État mentionné à l'article L7122-17. Une compagnie qui laisse expirer le sien perd la base juridique de son activité de production.

Quel taux de TVA appliquer à votre billetterie ?

Trois taux coexistent sur une même activité, et le bon dépend du spectacle, du lieu et du nombre de séances déjà jouées.

Le taux de 2,10 % de l'article 281 quater du code général des impôts vise les recettes réalisées aux entrées des premières représentations théâtrales d'œuvres dramatiques, lyriques, musicales ou chorégraphiques nouvellement créées, ou d'œuvres classiques faisant l'objet d'une nouvelle mise en scène. L'article 89 ter de l'annexe III fixe le nombre : les 140 premières séances où le public est admis moyennant paiement, les séances entièrement gratuites étant exclues du décompte. Le même article définit l'œuvre classique comme celle d'un auteur décédé depuis plus de cinquante ans.

Le taux de 5,5 % prévu au F de l'article 278-0 bis couvre les théâtres, théâtres de chansonniers, cirques et concerts, ainsi que les spectacles de variétés, à l'exception de ceux donnés dans les établissements où il est d'usage de consommer pendant les séances. L'exception ne joue pas pour les établissements affiliés au Centre national de la musique. Le 2° du même F vise le billet donnant accès à des interprétations originales d'œuvres musicales avec au moins un artiste rémunéré présent.

Hors de ces cas, le taux normal de 20 % de l'article 278 s'applique. À part, la cession de droits patrimoniaux reconnus aux auteurs et aux artistes-interprètes relève du taux de 10 % prévu au g de l'article 279. Une compagnie qui vend une représentation et facture par ailleurs des droits n'applique donc pas le même taux aux deux lignes.

Peut-on payer un artiste sur facture ?

Rarement, et jamais par simple commodité. L'article L7121-3 du code du travail pose que tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle en vue de sa production est présumé être un contrat de travail, dès lors que cet artiste n'exerce pas cette activité dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce et des sociétés. La présomption pèse sur celui qui engage.

Pour les employeurs dont ce n'est pas le métier, le code organise un passage obligé. Les articles L7122-22 et L7122-23 imposent aux personnes qui n'ont pas pour activité principale la production, la diffusion ou l'exploitation de lieux de spectacles de passer par un organisme habilité par l'État pour les déclarations d'embauche et d'emploi en contrat à durée déterminée des artistes et des techniciens, ainsi que pour la retenue à la source de l'article 204 A du code général des impôts.

Les obligations en un tableau

ObligationRéférenceCe qu'elle implique
Déclaration d'activitéCode du travail, art. L7122-3Récépissé valant licence, délivré après vérification des conditions, avec un délai de validité à suivre
Présomption de salariatCode du travail, art. L7121-3Le contrat conclu avec un artiste est présumé être un contrat de travail, sauf inscription au RCS
Guichet uniqueCode du travail, art. L7122-22 et L7122-23Déclarations d'embauche et retenue à la source par un organisme habilité, pour les employeurs occasionnels
TVA à 2,10 %CGI, art. 281 quaterPremières représentations d'une création ou d'une nouvelle mise en scène d'une œuvre classique
Décompte des séancesCGI, annexe III, art. 89 ter140 premières séances payantes, les séances entièrement gratuites n'entrent pas dans le compte
TVA à 5,5 %CGI, art. 278-0 bis, FThéâtres, cirques, concerts et variétés, hors établissements où l'on consomme pendant la séance
Cession de droitsCGI, art. 279, g10 % sur les droits patrimoniaux des auteurs et des artistes-interprètes

Le poste que les compagnies suivent mal

Le coût de création, rapporté au nombre de dates réellement vendues. Répétitions, scénographie, costumes et temps d'écriture sont engagés avant la première, souvent sur un exercice sans recette de tournée. Quand ce coût n'est pas amorti sur la durée d'exploitation prévue, la première saison ressort catastrophique et les suivantes trop belles. Le prix de cession, lui, se négocie sur un coût de plateau qui ignore la création.

Le second angle mort tient à la trésorerie, pas à la rentabilité. Cachets, défraiements et transport se paient le jour de la date. Les cessions se règlent à trente ou soixante jours, les subventions par acomptes et soldes. Notre simulateur de BFR et de trésorerie nette vous permet de mesurer ce décalage sur vos chiffres avant d'engager une production.

Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.

Methode

Comment se passe l'accompagnement avec JUM Advisory

Diagnostic de votre situation

On regarde vos contrats de cession, votre licence d'entrepreneur et la part d'intermittents dans votre masse salariale.

Cadrage et reprise du dossier

Reprise du dossier, cadrage du traitement des subventions et des recettes de billetterie, spectacle par spectacle.

Tenue et échéances

Tenue courante, paie des intermittents, déclarations sociales et suivi des échéances liées aux organismes du secteur.

Pilotage et points réguliers

Points réguliers sur le résultat par production et sur l'équilibre entre subventions et recettes propres.

Nos Cas types

Cas type. Une compagnie lyonnaise de théâtre, structure associative, quatre permanents et une vingtaine d'intermittents par saison, nous consulte parce que ses résultats varient sans rapport avec son activité. Une saison à 40 000 euros de perte, la suivante à 30 000 euros de bénéfice, avec le même nombre de dates jouées. La création d'un spectacle avait été passée en charges sur un seul exercice, pendant que les subventions correspondantes étaient comptabilisées à l'encaissement, l'année suivante.

Le travail a consisté à rattacher chaque aide à la production qu'elle finance, à étaler le coût de création sur la durée d'exploitation prévue et à reconstituer le décompte des séances payantes par spectacle, qui n'existait pas. Le décompte a révélé qu'une création reprise en tournée depuis deux saisons approchait du terme de son quota de séances à taux particulier. Les contrats de cession de la saison suivante ont été rédigés en conséquence, avec une clause de prix hors taxes.

Articles
Nos ressources pour entreprendre sereinement
No items found.
Voir tous les articles
Voir tous les articles
FAQ

Questions fréquentes

Faut-il une licence pour produire un spectacle ?

Quel taux de TVA sur la billetterie d'une création ?

Combien de séances bénéficient du taux de 2,10 % ?

Peut-on rémunérer un artiste sur facture ?

Qu'est-ce que le guichet unique du spectacle vivant ?

Quel taux de TVA sur une cession de droits ?

Comment comptabiliser une subvention de création ?

Contact

Parlons de votre structure

Un premier échange sans engagement, avec un interlocuteur qui connaît votre secteur.

Prendre rendez-vous
Prendre rendez-vous