Expert-comptable pour marchands de biens

Un marchand de biens ne vend pas des immeubles, il vend des opérations. Engagement de revendre, régime de TVA, portage : tout se décide avant la signature de l'acte d'achat.

Marchands de biens
5 ans
délai de revente sous engagement pour être exonéré des droits et taxes de mutation à l'acquisition (CGI, art. 1115)
2 ans
délai réduit pour les reventes par lots qui déclenchent le droit de préemption de l'occupant (CGI, art. 1115)
0,70 %
de taxe de publicité foncière due malgré l'engagement de revendre, sur les dispositions sujettes à publicité foncière (CGI, art. 1020)
Vos enjeux

Ce qui coince dans votre secteur

Vos immeubles sont enregistrés comme des immobilisations

C'est l'erreur de départ, et elle contamine tout le reste. Un bien acheté pour être revendu est un stock, pas un actif immobilisé. Enregistré au mauvais endroit, il génère des amortissements qui n'ont pas lieu d'être, fausse le résultat de chaque exercice de portage, et rend la liasse difficile à défendre le jour où l'administration s'intéresse à la nature réelle de l'activité.

Le résultat n'est lisible qu'une fois l'opération soldée

Sans comptabilité par opération, les frais d'acte, les travaux, les intérêts d'emprunt et les honoraires de trois chantiers différents se mélangent dans les mêmes comptes. Vous savez ce que le cabinet a gagné sur l'exercice. Vous ne savez pas quelle opération a payé les autres, et vous reproduisez donc le montage qui a le moins bien marché.

Le régime de TVA est tranché après la signature

Marge ou prix total : la réponse dépend de la façon dont vous avez acquis le bien, donc d'une décision déjà prise. Quand la question n'est posée qu'au moment de la revente, la marge de négociation a disparu et l'écart se paie sur le prix de vente ou sur votre résultat.

Les engagements de revendre courent sans suivi

Trois opérations, trois dates d'acte, trois délais qui ne tombent pas ensemble. Sans échéancier tenu à jour, l'engagement se périme sur le dossier le plus difficile à écouler, précisément celui qui traîne. La conséquence est immédiate et porte sur des droits qui n'avaient pas été provisionnés.

Accompagnement

Notre accompagnement

Comptabilité par opération

Nous ouvrons un suivi analytique par immeuble, dès l'acte d'achat : prix, frais d'acquisition, travaux, honoraires, intérêts, taxes foncières de la période de portage. Le résultat de chaque opération est connu à la revente, à l'euro, et sert de référence pour la suivante.

Suivi des engagements de revendre

Nous tenons l'échéancier des engagements pris à chaque acquisition, avec la date limite propre à chaque bien et l'alerte associée. Les opérations dont le délai approche sont identifiées assez tôt pour que l'arbitrage commercial reste possible.

Cadrage du régime de TVA avant l'acquisition

Nous instruisons le régime applicable à la revente au moment où vous étudiez l'achat, pas après. La façon dont le bien est acquis conditionne l'assiette, donc le prix de vente que vous pouvez tenir. C'est un élément de négociation, pas une conséquence subie.

Trésorerie et coût de portage

Nous suivons la trésorerie par opération et par échéance, en intégrant le coût réel de portage : intérêts, assurance, charges de copropriété, taxe foncière, énergie du bien vacant. Un mois de retard sur un chantier n'a pas le même effet selon le montage de financement.

Structuration des opérations

Nous travaillons avec votre conseil sur la structure retenue par opération, société dédiée ou non, et sur les conséquences comptables et fiscales de la remontée des résultats. Le régime des sociétés mères ne couvre pas les parts de sociétés immobilières inscrites en stock, ce qui change la logique des montages en cascade.

Clôture et rattachement du résultat

Nous rattachons les charges à l'opération et à l'exercice qui les portent, avec un traitement documenté des travaux en cours à la clôture. C'est ce qui permet de présenter un résultat défendable quand plusieurs chantiers chevauchent deux exercices.

Cadre reglementaire

Spécificités comptables et fiscales

Cadre général applicable à la date de publication.

Qu'est-ce qu'un marchand de biens au sens fiscal ?

Ce n'est pas un statut que l'on demande, c'est une qualification qui s'impose. Le 1° du I de l'article 35 du code général des impôts range dans les bénéfices industriels et commerciaux ceux réalisés par les personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles, des fonds de commerce, des actions ou parts de sociétés immobilières. Deux critères se cumulent : l'habitude et l'intention de revendre, appréciée au moment de l'achat.

Le même article vise séparément, au 1° bis, l'achat habituel de biens immeubles en vue d'édifier des bâtiments et de les vendre, au 2° les opérations d'intermédiaire sur ces mêmes biens, et au 3° la cession d'un terrain divisé en lots destinés à être construits lorsque le terrain a été acquis à cet effet. Son III ajoute que les donations entre vifs ne sont pas opposables à l'administration, ce qui ferme la porte au démembrement de dernière minute pour échapper à la qualification.

La conséquence comptable tombe immédiatement. Un bien acquis pour être revendu est un stock, pas une immobilisation. Il ne s'amortit pas, sa valeur ne se réévalue pas au fil de la détention, et le résultat de l'opération ne se constate qu'à la revente. Toute la lecture financière de l'activité découle de ce classement.

Comment fonctionne l'engagement de revendre ?

L'article 1115 exonère des droits et taxes de mutation les acquisitions d'immeubles, de fonds de commerce ainsi que d'actions ou parts de sociétés immobilières réalisées par des assujettis, quand l'acquéreur prend l'engagement de revendre dans un délai de cinq ans. L'exonération n'est pas totale : elle joue sous réserve de l'article 1020, qui soumet les dispositions sujettes à publicité foncière à une taxe de publicité foncière ou à un droit d'enregistrement de 0,70 %, et à une imposition fixe de 25 euros dans le cas contraire.

Trois précisions du texte comptent en pratique. En cas d'acquisitions successives entre professionnels, le délai imparti au premier acquéreur s'impose à chacun : racheter un bien à un confrère n'ouvre pas un nouveau compteur, il reprend le sien. Les apports purs et simples et les transferts dans un patrimoine fiduciaire ne sont pas considérés comme des ventes, donc ne purgent pas l'engagement. Enfin, pour les reventes par lots qui déclenchent le droit de préemption de l'occupant, le délai est ramené à deux ans.

Quand la TVA sur la marge s'applique-t-elle ?

L'article 268 réserve ce régime à deux situations : la livraison d'un terrain à bâtir, et la cession d'un immeuble relevant du 2° du 5 de l'article 261 pour laquelle l'option de l'article 260, 5° bis a été formulée. Dans les deux cas, une condition commande tout : l'acquisition par le cédant ne doit pas avoir ouvert droit à déduction de la taxe.

La base d'imposition est alors la différence entre, d'une part, le prix exprimé et les charges qui s'y ajoutent, d'autre part les sommes que le cédant a versées, à quelque titre que ce soit, pour l'acquisition du terrain ou de l'immeuble, ou la valeur nominale des titres reçus en contrepartie de ses apports en nature. Autrement dit, le régime de TVA de la revente se joue au moment de l'achat, sur la qualité du vendeur et la nature de l'acte. Poser la question après le compromis revient à constater une contrainte, plus à l'arbitrer.

Le cadre en un tableau

PointRéférenceCe qu'il implique
QualificationCGI, art. 35, I-1°Achat habituel en son nom en vue de revendre : imposition en BIC, quelle que soit l'intention affichée
Engagement de revendreCGI, art. 1115Exonération des droits de mutation contre revente dans cinq ans
Acquisitions successivesCGI, art. 1115Le délai du premier acquéreur s'impose aux suivants
Ventes par lotsCGI, art. 1115Délai ramené à deux ans lorsque le droit de préemption de l'occupant est déclenché
Taxe de publicité foncièreCGI, art. 10200,70 % sur les dispositions sujettes à publicité foncière, 25 € à défaut
TVA sur la margeCGI, art. 268Réservée aux acquisitions n'ayant pas ouvert droit à déduction
Remontée de dividendesCGI, art. 145, 6-eRégime mère-fille exclu pour les parts de sociétés immobilières inscrites en stock

Le poste que les marchands de biens suivent le moins bien

Le coût de portage. Intérêts, assurance, taxe foncière, charges de copropriété, énergie d'un bien vacant, gardiennage : ces postes courent tous les mois pendant que l'opération ne produit rien. Rapportés à la durée réelle de détention, et non à la durée prévue, ils absorbent souvent la moitié de l'écart entre le prix d'achat et le prix de revente sur les opérations qui traînent. Notre simulateur de besoin en fonds de roulement permet de mesurer ce que chaque mois de retard coûte réellement.

Le second angle mort concerne les montages en cascade. Le régime des sociétés mères ne s'applique pas aux produits des parts de sociétés immobilières inscrites en stock chez un marchand de biens. Une structure de groupe conçue pour l'exploitation ne se transpose donc pas telle quelle à l'achat-revente, sujet développé sur notre page expert-comptable holding.

Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.

Methode

Comment se passe l'accompagnement avec JUM Advisory

Diagnostic de votre situation

On regarde vos opérations en cours, leur ancienneté, le financement mobilisé et le régime de TVA retenu pour chaque revente.

Cadrage et reprise du dossier

Reprise du dossier, cadrage du stock immobilier opération par opération et du traitement des travaux engagés.

Tenue et échéances

Tenue courante, déclarations de TVA y compris sur la marge, suivi des droits d'enregistrement et des engagements de revente.

Pilotage et points réguliers

Points réguliers sur la marge par opération et sur la trésorerie immobilisée dans les biens non encore revendus.

Nos Cas types

Cas type. Un marchand de biens lyonnais, quatre opérations en cours, nous consulte après un exercice bénéficiaire suivi d'un exercice lourdement déficitaire, sans que le volume d'activité ait bougé. Les biens étaient inscrits en immobilisations et amortis, les travaux des quatre chantiers étaient saisis sur les mêmes comptes, et aucun échéancier ne suivait les engagements de revendre.

Le travail a consisté à reclasser les biens en stock, à reprendre les amortissements pratiqués à tort, à rouvrir un suivi analytique par opération sur deux exercices d'historique et à reconstituer les dates limites de revente. La lecture par opération a montré qu'un seul des quatre chantiers portait la totalité de la perte, sur un poste de travaux modificatifs jamais refacturé. Le déficit apparent de l'exercice était en réalité la clôture différée d'une opération engagée deux ans plus tôt.

Articles
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FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un marchand de biens au sens fiscal ?

Quel est le délai de l'engagement de revendre ?

L'engagement de revendre exonère-t-il de tous les droits ?

Racheter un bien à un autre marchand ouvre-t-il un nouveau délai ?

Quand la TVA sur la marge s'applique-t-elle ?

Comment se calcule la base de la TVA sur la marge ?

Le régime mère-fille s'applique-t-il aux parts de sociétés immobilières ?

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