
Un particulier qui vous vend une commode ne vous remet aucun document. Si le prix d'achat n'est pas tracé pièce par pièce au moment où l'argent sort, la base taxable de la revente n'est plus démontrable. En contrôle, l'administration ne reconstitue pas la marge à votre avantage : elle taxe le prix de vente entier.
Un objet déposé par un tiers ne vous appartient pas. Il n'a rien à faire dans votre stock, et son prix de vente n'est pas votre chiffre d'affaires : seule la commission l'est. Beaucoup de dépôts-ventes affichent un chiffre d'affaires trois à cinq fois supérieur à la réalité, ce qui fausse tous les ratios et peut faire basculer artificiellement un régime fiscal.
Le registre des objets mobiliers est tenu parce que la police peut le demander, la comptabilité parce que le comptable la réclame. Les deux ne se parlent jamais. Pourtant ils décrivent les mêmes objets et les mêmes prix d'achat. Quand ils divergent, c'est le registre qui fait foi contre vous.
Achats du samedi matin, ventes en espèces, frais de déplacement sur les foires, droits de place : tout passe par le même tiroir. À la fin du mois, le solde théorique de caisse et le solde réel n'ont plus de rapport, et il n'existe aucun moyen de savoir où se situe l'écart.
Nous paramétrons votre plan de comptes pour que chaque entrée d'objet porte son prix d'achat, son origine et son mode de règlement dès la saisie. C'est la seule façon de sortir une base taxable défendable sur un stock de plusieurs centaines d'articles à faible valeur unitaire.
Nous isolons en comptabilité ce que vous achetez de ce que l'on vous confie. Les objets en dépôt sortent du stock et entrent en engagement hors bilan, les règlements aux déposants passent par un compte de tiers dédié. Votre chiffre d'affaires redevient lisible et vos ratios exploitables.
Nous mettons en place une saisie unique qui alimente à la fois votre suivi d'achats et les mentions que vous devez pouvoir présenter. Un objet, une ligne, un prix. Le jour où un contrôle croise les deux documents, ils disent la même chose.
Nous formalisons un brouillard de caisse avec arrêté périodique et justification des écarts, et nous distinguons les décaissements d'achat des frais de foire. Sur une activité où l'espèce circule dans les deux sens, c'est le poste qui décide de la crédibilité de vos comptes.
Nous chiffrons ce que la franchise en base vous coûte ou vous rapporte face au régime de la marge, en tenant compte de vos achats auprès de professionnels et de votre clientèle. Le calcul se refait quand votre volume approche des seuils, pas une fois pour toutes à la création.
Nous établissons une méthode d'inventaire tenable pour un stock hétérogène : regroupement par familles, dépréciation des invendus anciens, sortie des objets détruits ou donnés. Un stock jamais déprécié gonfle votre résultat imposable sur des objets que vous ne vendrez pas.
Cadre général applicable à la date de publication.
Sur la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, et non sur le prix de vente. L'article 297 A du code général des impôts pose que la base d'imposition des livraisons par un assujetti revendeur de biens d'occasion qui lui ont été livrés par un non redevable de la taxe, ou par une personne qui n'est pas autorisée à la facturer, est constituée de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. C'est la situation de tout objet racheté à un particulier.
Trois conséquences suivent. Sans prix d'achat tracé, pas de marge démontrable, donc pas de base réduite : la traçabilité de l'achat conditionne l'assiette. L'article 297 E interdit ensuite de faire apparaître la taxe sur les factures. Enfin l'article 297 D écarte toute déduction, pour l'acquéreur comme pour le revendeur, sur les biens vendus sous ce régime.
Le même article 297 A ouvre une modalité de calcul global : la base peut être déterminée, pour chaque période de déclaration, par la différence entre le montant total des livraisons et le montant total des achats de la période, l'excédent d'achats étant reporté sur la période suivante, avec une régularisation annuelle par la variation de stock entre le 1er janvier et le 31 décembre. Sur un stock de plusieurs centaines d'objets à faible valeur unitaire, c'est la seule méthode tenable.
Non, et l'article 297 C laisse la porte ouverte : pour chaque livraison, les assujettis revendeurs peuvent appliquer les règles de TVA applicables aux autres assujettis. L'arbitrage se fait client par client. Face à un acheteur professionnel qui veut récupérer la taxe, la marge le pénalise puisque l'article 297 D lui interdit toute déduction. Face à un particulier, elle vous avantage. Cette souplesse suppose une comptabilité capable d'isoler les deux flux, donc paramétrée en amont.
Deux, et elles ne relèvent ni du droit fiscal ni du droit commercial. L'article 321-7 du code pénal punit de six mois d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende le fait, pour une personne dont l'activité professionnelle comporte la vente d'objets mobiliers usagés ou acquis à des personnes autres que celles qui les fabriquent ou en font le commerce, d'omettre y compris par négligence de tenir jour par jour un registre indiquant la nature, les caractéristiques, la provenance et le mode de règlement de l'objet, et permettant d'identifier les vendeurs. Quand l'activité est exercée par une personne morale, l'obligation incombe aux dirigeants.
L'article R321-1 du même code ajoute une déclaration préalable à la préfecture ou à la sous-préfecture dont dépend l'établissement principal, à la préfecture de police à Paris. En l'absence d'établissement fixe ouvert au public, c'est le domicile qui fait foi. Le récépissé doit être présenté à toute réquisition des services de police et de gendarmerie, des services fiscaux, des douanes et de la répression des fraudes. Le registre décrit donc les mêmes objets et les mêmes prix d'achat que votre comptabilité, devant les mêmes services.
Le deuxième alinéa de l'article 321-7 vise l'organisateur d'une manifestation de vente ou d'échange de ces objets dans un lieu public ou ouvert au public et lui impose son propre registre. L'article R321-9 en précise le contenu : identité et pièce d'identité de chaque vendeur, et pour les participants non professionnels, la mention de la remise d'une attestation sur l'honneur de non-participation à deux autres manifestations de même nature au cours de l'année civile. Vous exposez donc à côté de vendeurs soumis à une limite que vous n'avez pas, sur des ventes qui, chez vous, sont taxables.
| Obligation | Référence | Ce qu'elle implique |
|---|---|---|
| Base d'imposition sur la marge | CGI, art. 297 A | Différence entre prix de vente et prix d'achat, calcul possible globalement par période avec régularisation annuelle de stock |
| Option pour le régime général | CGI, art. 297 C | Ouverte livraison par livraison, à arbitrer selon la qualité de l'acheteur |
| Déduction et facturation | CGI, art. 297 D et 297 E | Aucune déduction pour l'acquéreur ni pour le revendeur, aucune mention de TVA sur la facture |
| Registre des objets mobiliers | Code pénal, art. 321-7 | Tenue jour par jour, six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende en cas d'omission, même par négligence |
| Déclaration préalable | Code pénal, art. R321-1 | Préfecture ou sous-préfecture du lieu d'établissement, récépissé opposable aux services fiscaux et douaniers |
La rotation du stock par famille d'objets. Le métier se pilote au coup de cœur d'achat, et l'invendu semble ne rien coûter puisqu'il est déjà payé. Il coûte pourtant deux fois : il immobilise la trésorerie du lot suivant, et il reste au bilan à son prix d'achat, donc il gonfle un résultat imposable sur une valeur que le marché ne confirme plus. Un état d'ancienneté du stock par famille, tenu chaque trimestre, change les décisions d'achat en une saison.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde vos sources d'achat, la part de dépôt-vente et la façon dont vos commissions sont aujourd'hui comptabilisées.
Reprise du dossier, séparation nette entre les biens que vous achetez pour revendre et ceux que vous vendez pour le compte d'un tiers.
Tenue courante, registre des objets mobiliers, déclarations de TVA et suivi des ventes réalisées en salle comme en ligne.
Points réguliers sur la rotation du stock, le taux de commission moyen et la marge par canal de vente.
Cas type. Un dépôt-vente de la périphérie lyonnaise, deux salariés, nous consulte parce que son résultat ne ressemble à rien. Sa comptabilité enregistrait en ventes le prix payé par l'acheteur final sur la totalité des objets vendus, y compris ceux qui appartenaient aux déposants, et en achats les sommes reversées à ces derniers. Le chiffre d'affaires affiché atteignait quatre fois son activité réelle, ce qui l'avait fait sortir de la franchise en base sans qu'il comprenne pourquoi.
Le travail a consisté à séparer les deux flux : les objets confiés sont sortis du stock, les sommes dues aux déposants ont été isolées dans un compte de tiers, et seule la commission est restée en produits. Le suivi des achats aux particuliers a été repris objet par objet, avec la provenance et le mode de règlement, de sorte que le registre et les écritures décrivent enfin les mêmes opérations.