
Chaque plateforme dépose une déclaration annuelle sur les opérations réalisées par son intermédiaire, au plus tard le 31 janvier, avec vos contreparties trimestre par trimestre et les commissions prélevées. Le rapprochement entre ce que la plateforme déclare et ce que vous déclarez ne se fait plus à la main : il se fait automatiquement, et l'écart se voit.
Un rapport de règlement mélange ventes, remboursements, commissions, frais de stockage, frais publicitaires, ajustements et retenues, sur une période qui ne coïncide ni avec le mois ni avec l'exercice. Le repiquer tel quel produit un chiffre d'affaires faux et une TVA fausse. Il faut le décomposer.
Sur certains flux, la plateforme est réputée avoir acquis et revendu les biens : elle collecte la taxe à votre place. Sur d'autres, non. Les deux cas figurent dans le même rapport, sans totalisation séparée. Sans règle de tri écrite, vous déclarez soit deux fois, soit pas du tout.
Dès que la marchandise part dans les entrepôts de la plateforme, elle sort du champ de vision de l'exploitant. Elle reste pourtant à l'actif, elle vieillit, elle génère des frais de stockage longue durée et elle est parfois détruite ou perdue. Un inventaire de fin d'exercice fondé sur les seuls états de la plateforme, sans contrôle, ne vaut pas grand-chose.
Nous construisons la table de correspondance entre les lignes du rapport de règlement et vos comptes : ventes par pays, commissions, frais logistiques, frais publicitaires, remboursements, ajustements. Une fois posée, elle se rejoue chaque mois sans arbitrage nouveau.
Nous établissons, pour chaque combinaison d'entrepôt de départ et de pays d'arrivée, où la taxe est due et qui la collecte. Les programmes paneuropéens qui déplacent le stock entre pays créent des opérations que le vendeur n'a pas décidées et doit pourtant déclarer.
Nous rapprochons en amont ce que la plateforme déclarera de ce que vous déclarez, pour que l'écart soit expliqué avant d'être demandé. Les commissions et les remboursements sont la première source de différence légitime, encore faut-il pouvoir la documenter.
Nous affectons à chaque référence sa commission, ses frais de traitement et de stockage, son coût publicitaire et son taux de retour. C'est le chiffre qui décide d'un réassort ou d'un déréférencement, et il diffère souvent beaucoup de la marge théorique.
Nous mettons en place le contrôle des états de stock, le suivi des frais de stockage longue durée et le traitement des pertes et destructions. L'objectif est un inventaire de clôture justifiable, pas une reprise aveugle de l'état fourni.
Entre l'achat du stock, son acheminement, sa vente et le versement de la plateforme, plusieurs mois s'écoulent. Nous suivons ce cycle pour que le réassort soit décidé sur une trésorerie projetée, pas sur le solde du jour.
Cadre général applicable à la date de publication.
Plus que ce que la plupart des vendeurs imaginent. L'article 1649 ter A du code général des impôts impose à l'opérateur de plateforme de souscrire auprès de l'administration fiscale une déclaration relative aux opérations réalisées par les vendeurs et prestataires par son intermédiaire. Cette déclaration comporte notamment vos éléments d'identification et votre État de résidence, le montant total de la contrepartie perçue au cours de chaque trimestre, le nombre d'opérations correspondantes, ainsi que tous frais, commissions ou taxes retenus ou prélevés par la plateforme sur la même période. Lorsqu'il est disponible, l'identifiant du compte financier sur lequel la contrepartie est versée y figure également.
Le III du même article fixe l'échéance : la déclaration est souscrite par voie électronique au plus tard le 31 janvier de l'année suivant celle au cours de laquelle les opérations ont été réalisées. Concrètement, l'administration dispose d'une vue trimestrialisée de vos encaissements bien avant que votre exercice soit clos et déposé. La question n'est donc plus de savoir si l'écart sera vu, mais s'il sera expliqué.
Dans deux cas seulement, posés au V, 2° de l'article 256 du code général des impôts. L'assujetti qui facilite les ventes par une interface électronique est réputé avoir personnellement acquis et livré les biens, d'une part pour les ventes à distance de biens importés contenus dans des envois d'une valeur intrinsèque ne dépassant pas 150 euros, d'autre part pour les livraisons de biens dans l'Union réalisées par un assujetti non établi dans l'Union au profit d'une personne non assujettie.
Un vendeur établi en France qui expédie depuis un entrepôt européen ne relève d'aucun des deux. Il reste redevable de la taxe sur ses ventes, même lorsque la plateforme encaisse pour son compte. Cette distinction est la source d'erreur la plus coûteuse du canal, parce qu'elle produit des doubles déclarations aussi bien que des omissions.
L'article 242 bis du code général des impôts impose à l'opérateur de plateforme, quel que soit son lieu d'établissement, de fournir à l'occasion de chaque transaction une information sur les obligations fiscales et sociales qui incombent aux personnes qui réalisent des transactions commerciales par son intermédiaire, et de mettre à leur disposition un lien vers les sites des administrations concernées. C'est une obligation d'information, pas un service comptable : elle ne vous dispense de rien et ne vous fournit aucun état exploitable pour votre liasse.
| Obligation | Contenu | Référence |
|---|---|---|
| Déclaration annuelle de la plateforme | Souscrite par voie électronique au plus tard le 31 janvier de l'année suivante | CGI, art. 1649 ter A, III |
| Contenu de la déclaration | Contrepartie perçue par trimestre, nombre d'opérations, frais, commissions et taxes prélevés | CGI, art. 1649 ter A, II, 3° |
| Identification du vendeur | Éléments d'identification et État ou territoire de résidence | CGI, art. 1649 ter A, II, 2° |
| Information à chaque transaction | Obligations fiscales et sociales, avec lien vers les sites des administrations | CGI, art. 242 bis |
| Plateforme réputée acquéreur et revendeur | Ventes à distance de biens importés, envois jusqu'à 150 € | CGI, art. 256, V, 2°, a |
| Plateforme réputée acquéreur et revendeur | Livraison dans l'Union par un vendeur non établi dans l'Union à un particulier | CGI, art. 256, V, 2°, b |
| Franchise en base pour les ventes de biens | 85 000 € l'année précédente, 93 500 € en cours d'année | CGI, art. 293 B |
La marge par référence après frais de plateforme. Commission de vente, frais de traitement, frais de stockage, dont le stockage longue durée qui pénalise les références à rotation lente, publicité interne, retours et remboursements : chacun de ces postes est connu isolément, presque jamais affecté à la référence qui l'a généré. Une gamme peut ainsi financer les pertes d'une autre pendant des années sans que personne ne le voie.
Le second angle mort est le délai de conversion en trésorerie. Entre le paiement du fournisseur, l'acheminement, le délai d'écoulement du stock et le versement de la plateforme, le cycle dépasse souvent quatre mois. C'est ce délai, et non la rentabilité, qui limite la croissance de la plupart des vendeurs. Notre simulateur de besoin en fonds de roulement permet de poser vos propres délais avant d'engager un réassort.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On reprend vos rapports de règlement Amazon, ligne par ligne, pour séparer le prix de vente, les commissions, la logistique et la TVA collectée.
Reprise des comptes, rapprochement entre les versements de la marketplace et vos encaissements bancaires, cadrage des stocks détenus en entrepôt.
Tenue courante, déclarations de TVA y compris sur les ventes vers l'étranger, suivi des seuils et des obligations liées au guichet unique.
Points réguliers sur la marge nette après commissions et frais logistiques, produit par produit.
Cas type. Un vendeur installé dans le Rhône, environ 1,2 million d'euros de ventes sur trois marketplaces, nous consulte après une demande de renseignements portant sur un écart entre le chiffre d'affaires déclaré et les montants remontés par les plateformes. L'écart était intégralement explicable : il correspondait aux commissions et aux remboursements, déduits du chiffre d'affaires au lieu d'être enregistrés en charges et en annulations de ventes.
Le travail a consisté à reconstruire trois exercices à partir des rapports de règlement détaillés, ligne à ligne, et à produire un état de rapprochement lisible entre les montants déclarés par les plateformes et le chiffre d'affaires comptable. La réponse a été acceptée sans redressement. Le même travail a fait apparaître 34 000 euros de frais de stockage longue durée concentrés sur onze références, jamais affectés jusque-là.