
Un colis envoyé en échange d'une story n'est pas un cadeau, c'est la contrepartie d'une prestation. La loi du 9 juin 2023 impose d'ailleurs que le contrat en mentionne la valeur. Sans écrit et sans enregistrement, votre chiffre d'affaires déclaré est inférieur à votre activité réelle, et vous n'avez aucun moyen de justifier l'écart.
Les reversements de régies publicitaires, de plateformes d'abonnement et de programmes d'affiliation tombent après retenue de commissions, parfois en devise, parfois depuis un pays tiers. Reconstituer le brut, la commission et la période de rattachement demande un travail que peu de cabinets font, et sans lui la TVA comme le résultat sont approximatifs.
La micro-entreprise est souvent le point de départ, ce qui se comprend. Le problème est qu'elle n'est presque jamais réinterrogée quand l'activité décolle, alors que les seuils de TVA, le niveau de charges réelles et les projets d'investissement changent complètement l'arbitrage.
Une audience n'est pas un actif comptable, mais un catalogue de contenus, une marque déposée et des contrats récurrents en sont. Sans structuration, un créateur qui veut vendre, s'associer ou lever des fonds n'a rien à présenter d'autre que des relevés bancaires.
Partenariats rémunérés, affiliation, revenus publicitaires, abonnements, dons, ventes de produits dérivés, prestations de conseil : nous établissons pour chaque flux sa nature, son régime de TVA et sa période de rattachement. C'est le préalable à toute déclaration juste.
Nous mettons en place la méthode d'évaluation et d'enregistrement des produits et services reçus en contrepartie d'une prestation, en nous appuyant sur la valeur que le contrat doit mentionner. Vous savez ce que vous devez déclarer, et vous pouvez le justifier.
Une partie de vos donneurs d'ordre sont établis hors de France. Le lieu d'imposition de vos prestations et vos obligations déclaratives en dépendent directement. Nous posons les règles applicables à votre situation et suivons le franchissement des seuils.
Micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, société : nous chiffrons les trois sur vos données réelles, en intégrant la protection sociale, la fiscalité des dividendes et vos projets d'investissement. L'arbitrage est refait chaque année, pas une fois pour toutes.
Nous vérifions que vos contrats de partenariat comportent les mentions rendues obligatoires, notamment l'identité des parties, leur pays de résidence fiscale et la valeur des avantages en nature. C'est autant une protection juridique qu'une base comptable.
Un mois à 15 000 euros suivi d'un mois à 2 000 euros ne se pilote pas comme un chiffre d'affaires régulier. Nous construisons un prévisionnel qui intègre la saisonnalité des campagnes et provisionne l'impôt et les cotisations au fil de l'eau.
Cadre général applicable à la date de publication.
Oui, depuis la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023. Son article 1er définit l'activité : exercent l'activité d'influence commerciale par voie électronique les personnes physiques ou morales qui, à titre onéreux, mobilisent leur notoriété auprès de leur audience pour communiquer au public par voie électronique des contenus visant à faire la promotion, directement ou indirectement, de biens, de services ou d'une cause quelconque.
Deux éléments de cette définition ont des conséquences comptables immédiates. Le caractère onéreux ne suppose pas un paiement en argent : une contrepartie en nature suffit à caractériser l'activité. Et la promotion indirecte est visée au même titre que la promotion explicite, ce qui élargit le périmètre bien au-delà des publications identifiées comme des campagnes.
L'article 8 de la même loi impose un contrat écrit, sous peine de nullité, entre le créateur et l'annonceur ou l'agent d'influenceur. Il doit comporter notamment l'identité des parties, leurs coordonnées et leur pays de résidence fiscale, la nature des missions, la rémunération en numéraire ou ses modalités de détermination, et le cas échéant la valeur de l'avantage en nature ainsi que les conditions de son attribution.
Cette dernière mention est celle qui intéresse directement la comptabilité. Elle règle la question que tout le monde se pose : à combien valoriser un produit reçu. La réponse est que le contrat doit l'indiquer. Un produit remis en contrepartie d'une publication est une contrepartie, il entre dans les recettes de l'activité au même titre qu'un virement.
Le II de l'article 8 prévoit une dispense d'écrit en dessous d'un montant fixé par décret en Conseil d'État. Et le III pose une responsabilité solidaire de l'annonceur, de l'agent et du créateur pour les dommages causés aux tiers dans l'exécution du contrat.
Oui. L'article 5-2 de la loi qualifie de pratique commerciale trompeuse, au sens de l'article L. 121-3 du code de la consommation, l'absence d'indication claire, lisible et compréhensible de l'intention commerciale, dès lors que celle-ci ne ressort pas déjà du contexte. Le texte cite les mentions « publicité » et « collaboration commerciale », ou une mention équivalente adaptée au format utilisé.
L'article 5 ajoute deux mentions distinctes, sur les images cette fois : « Images retouchées » lorsqu'un traitement affine ou épaissit la silhouette ou modifie l'apparence du visage, et « Images virtuelles » lorsque le visage ou la silhouette est produit par un procédé d'intelligence artificielle. Leur violation est punie d'un an d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende.
| Obligation | Référence | Ce qu'elle implique |
|---|---|---|
| Définition de l'activité | Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023, art. 1er | Mobiliser sa notoriété à titre onéreux pour promouvoir un bien, un service ou une cause, y compris indirectement |
| Contrat écrit | Loi du 9 juin 2023, art. 8, I | Sous peine de nullité : identité, pays de résidence fiscale, missions, rémunération, valeur des avantages en nature |
| Dispense d'écrit | Loi du 9 juin 2023, art. 8, II | En dessous d'un montant fixé par décret en Conseil d'État |
| Responsabilité solidaire | Loi du 9 juin 2023, art. 8, III | Annonceur, agent et créateur solidairement responsables envers les tiers |
| Mention de l'intention commerciale | Loi du 9 juin 2023, art. 5-2 | « Publicité » ou « collaboration commerciale », à défaut pratique commerciale trompeuse |
| Mentions sur les images | Loi du 9 juin 2023, art. 5 | « Images retouchées » ou « Images virtuelles », un an d'emprisonnement et 4 500 € d'amende |
| Franchise en base de TVA | CGI, art. 293 B | 37 500 € l'année précédente pour les prestations de services, 41 250 € en cours d'année |
La concentration du chiffre d'affaires. Beaucoup de créateurs réalisent la moitié de leurs recettes annuelles avec deux ou trois annonceurs, souvent sur un seul trimestre. Cette dépendance ne se lit nulle part dans un compte de résultat, qui ne montre qu'un total. Elle se lit dans un suivi par client, et elle change la façon dont il faut provisionner et se rémunérer.
Le second angle mort est le décalage entre l'encaissement et l'impôt. Une année forte se paie l'année suivante, en cotisations comme en impôt, souvent au moment où l'activité ralentit. Provisionner au fil de l'eau plutôt qu'au moment de l'avis est la mesure la plus simple et la plus efficace du métier.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde vos sources de revenus : partenariats, affiliation, plateformes, dons, et la part qui vient de l'étranger.
Reprise du dossier, choix documenté du statut et cadrage du traitement des dotations en nature et des contrats de partenariat.
Tenue courante, déclarations de TVA y compris sur les prestations facturées hors de France, suivi des seuils.
Points réguliers sur la répartition de vos revenus par source et sur votre rémunération nette après charges.
Cas type. Une créatrice de contenu établie près de Lyon, environ 120 000 euros de recettes annuelles, nous consulte après un premier exercice en micro-entreprise. Ses partenariats étaient réglés pour partie en virements, pour partie en produits, ces derniers n'apparaissant nulle part. Deux annonceurs étrangers réglaient net de commission, sans facture détaillée.
Le travail a consisté à reconstituer douze mois de recettes réelles, à valoriser les contreparties en nature à partir des contrats existants et à réécrire les contrats qui n'en comportaient pas la mention. Le chiffre d'affaires reconstitué dépassait le plafond de la franchise en base, ce qui imposait de facturer la TVA depuis plusieurs mois. La régularisation a été faite avant tout contrôle, et le passage en société a été chiffré sur les données corrigées plutôt que sur les données déclarées.
Le suivi par annonceur mis en place à cette occasion a fait apparaître qu'une seule marque représentait 43 % des recettes de l'année, concentrées sur deux campagnes. Cette lecture a changé la discussion : elle ne portait plus sur le niveau de rémunération à se verser, mais sur le rythme auquel diversifier les donneurs d'ordre et sur le matelas de trésorerie à conserver pour tenir un trimestre creux sans arbitrage subi.