
Passé en totalité sur le premier exercice, il écrase un résultat déjà fragile et fausse la lecture du démarrage. Traité sans regard sur ce que le contrat vous donne réellement et pour combien de temps, il rend le premier bilan illisible pour un banquier comme pour vous.
Redevance d'enseigne, redevance de publicité, contribution aux outils du réseau : elles tombent quel que soit votre résultat. Un point de marge perdu sur les achats se cumule avec un pourcentage fixe prélevé en haut du compte de résultat. Peu de franchisés ont recalculé leur seuil de rentabilité une fois ces prélèvements intégrés.
La tête de réseau demande un reporting selon son propre format, votre comptabilité suit le plan comptable. Les deux ne se rapprochent jamais, et les comparaisons avec les autres points de vente du réseau perdent leur sens. Vous ne savez pas si vous êtes au-dessus ou au-dessous de la moyenne sur les postes qui comptent.
Contrat de franchise, bail commercial, contrat d'approvisionnement, financement : quatre dates de fin, quatre logiques de renouvellement. Découvrir six mois avant l'échéance que les contrats sont liés entre eux ferme la plupart des options qui restaient ouvertes un an plus tôt.
Nous partons de votre contrat, de sa durée et de ce qu'il vous transfère pour arrêter le traitement comptable du droit d'entrée, puis nous suivons les redevances par nature. Ce cadrage se fait à la signature, pas au premier bilan.
Nous reconstruisons votre point mort en intégrant les redevances et les contributions obligatoires comme ce qu'elles sont : des charges proportionnelles au chiffre d'affaires. Le résultat surprend souvent les franchisés de la première année.
Nous établissons une table de passage entre les deux formats, une fois, puis elle se rejoue chaque mois. Vos comparaisons avec les autres unités du réseau deviennent exploitables et vos échanges avec l'animateur reposent sur des chiffres partagés.
Nous tenons un échéancier unique de vos contrats et des clauses qui les lient, de sorte que le renouvellement se prépare douze à dix-huit mois avant, quand vous avez encore le choix.
Quand un deuxième puis un troisième point de vente arrivent, la question de la structure se pose : société par unité, holding, mutualisation des fonctions support. Nous chiffrons les options plutôt que d'appliquer un schéma préétabli.
La valeur d'un fonds en réseau dépend autant du contrat que du compte de résultat. Nous préparons les éléments qu'un repreneur et le franchiseur examineront, en tenant compte des clauses d'agrément et de préemption.
Cadre général applicable à la date de publication.
Un document précis, dans un délai précis. L'article L330-3 du code de commerce oblige qui met à disposition un nom commercial, une marque ou une enseigne en exigeant un engagement d'exclusivité ou de quasi-exclusivité à fournir avant la signature un document donnant des informations sincères, permettant de s'engager en connaissance de cause.
Le même article énumère ce que ce document précise notamment : l'ancienneté et l'expérience de l'entreprise, l'état et les perspectives de développement du marché concerné, l'importance du réseau d'exploitants, la durée, les conditions de renouvellement, de résiliation et de cession du contrat ainsi que le champ des exclusivités. Il ajoute que, lorsqu'une somme est exigée avant la signature, notamment pour réserver une zone, les prestations rendues en contrepartie et les obligations réciproques en cas de dédit sont précisées par écrit. Le document et le projet de contrat sont communiqués vingt jours minimum avant la signature, ou avant le versement de cette somme. L'article R330-2 sanctionne le manquement à ce délai par une contravention de cinquième classe.
Ces mentions ne sont pas une formalité dont votre comptable se désintéresse : la durée du contrat, ses conditions de renouvellement et de cession commandent le traitement de votre droit d'entrée et la valeur de votre fonds le jour où vous vendez.
Depuis l'article L341-1 du code de commerce, oui, dans la plupart des réseaux de commerce de détail. Ce texte prévoit que l'ensemble des contrats conclus entre un réseau et une personne exploitant un magasin de commerce de détail, ayant pour but commun l'exploitation de ce magasin et comportant des clauses susceptibles de limiter la liberté d'exercice de son activité commerciale, prévoient une échéance commune. Il ajoute que la résiliation d'un de ces contrats vaut résiliation de l'ensemble.
Le même article écarte de ce mécanisme le bail commercial dont la durée est régie par l'article L145-4, le contrat d'association et les contrats de société. Autrement dit, votre contrat de franchise, votre contrat d'approvisionnement et votre contrat d'enseigne se tiennent, mais votre bail suit son propre calendrier. C'est le décalage entre ces deux horloges qui piège les franchisés au moment du renouvellement.
Seulement à des conditions strictes. L'article L341-2 répute non écrite toute clause ayant pour effet, après l'échéance ou la résiliation d'un de ces contrats, de restreindre la liberté d'exercice de l'activité commerciale de l'exploitant.
Le II prévoit une exception, à condition que celui qui s'en prévaut démontre quatre conditions cumulatives : la clause concerne des biens et services en concurrence avec ceux du contrat, elle est limitée aux terrains et locaux depuis lesquels l'exploitant exerçait son activité pendant le contrat, elle est indispensable à la protection du savoir-faire substantiel, spécifique et secret transmis, et sa durée n'excède pas un an après l'échéance ou la résiliation. Une clause qui vous interdirait d'exercer sur une zone géographique pendant trois ans ne remplit pas ces conditions.
La question ne se règle pas par une règle unique, elle se règle en lisant le contrat. Ce que le droit d'entrée achète, la durée pendant laquelle vous en bénéficiez, ce qu'il advient de cet avantage en cas de cession : ce sont ces éléments, précisément ceux que l'article L330-3 impose de documenter avant la signature, qui déterminent s'il s'agit d'une charge de l'exercice ou d'un actif à étaler, et sur quelle durée.
Les redevances suivent une autre logique. Redevance d'enseigne, contribution publicitaire, participation aux outils du réseau : elles se calculent le plus souvent en pourcentage du chiffre d'affaires et non du résultat. Elles se suivent donc par nature et s'intègrent au point mort comme des charges variables, ce qui déplace celui-ci bien plus haut que dans un commerce indépendant comparable.
| Point | Référence | Ce qu'il implique |
|---|---|---|
| Information précontractuelle | C. com., art. L330-3 | Document sincère couvrant marché, réseau, durée, renouvellement, résiliation, cession et exclusivités |
| Délai de remise | C. com., art. L330-3 et R330-2 | Vingt jours minimum avant la signature ou le versement, contravention de cinquième classe à défaut |
| Sommes versées avant signature | C. com., art. L330-3 | Prestations rendues en contrepartie et obligations en cas de dédit précisées par écrit |
| Échéance commune | C. com., art. L341-1 | Contrats liés à l'exploitation du magasin alignés sur une même échéance, résiliation en cascade |
| Bail commercial | C. com., art. L341-1 et L145-4 | Exclu du mécanisme d'échéance commune, calendrier autonome à suivre séparément |
| Clause post-contractuelle | C. com., art. L341-2 | Réputée non écrite, sauf quatre conditions cumulatives et durée maximale d'un an |
Le point mort recalculé après prélèvements du réseau. Un franchisé raisonne spontanément sur sa marge commerciale et sur ses charges fixes, comme un commerçant indépendant. Les redevances proportionnelles au chiffre d'affaires se comportent pourtant comme une réduction directe de la marge, et le seuil de rentabilité qui en résulte n'a rien à voir avec celui du business plan initial. Le recalculer une fois, sur les chiffres réels du premier exercice complet, change les décisions d'ouverture d'une deuxième unité plus sûrement que n'importe quelle projection.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde votre contrat, le droit d'entrée, les redevances et la manière dont ils sont aujourd'hui étalés dans vos comptes.
Reprise du dossier, cadrage de l'amortissement du droit d'entrée et mise en place du suivi des redevances dues à l'enseigne.
Tenue courante, déclarations de TVA, paie et production des états attendus par le franchiseur à ses échéances.
Points réguliers sur votre rentabilité une fois les redevances déduites, et sur la comparaison avec les ratios du réseau.
Cas type. Un franchisé lyonnais exploitant deux points de vente sous la même enseigne nous consulte avant d'en ouvrir un troisième. Son droit d'entrée avait été passé en charge sur l'exercice d'ouverture de chaque unité, ce qui rendait la comparaison entre les deux points de vente impossible et présentait au banquier deux premiers exercices lourdement déficitaires. Les redevances, elles, étaient enregistrées dans un compte de charges externes indifférencié.
Nous avons repris le contrat pour caler le traitement du droit d'entrée sur ce qu'il transfère et sur la durée effective, puis ventilé les redevances par nature, enseigne et publicité. Le point mort recalculé en traitant ces prélèvements comme des charges variables s'est révélé supérieur de plusieurs points de chiffre d'affaires à celui du prévisionnel remis à l'ouverture. Une table de passage entre la comptabilité et le format de reporting du réseau a été construite dans la foulée, ce qui a rendu exploitables les comparaisons avec les autres unités.