
Vous payez le vendeur au comptoir immédiatement, puis vous attendez le regroupement d'un lot, l'envoi à l'affineur et son règlement. Entre les deux, votre trésorerie est dans un coffre sous forme de métal. Un comptoir peut être très rentable et se retrouver à sec parce que personne n'a modélisé ce cycle.
Sur une opération de rachat à un particulier, ce n'est pas seulement une question de marge commerciale : le traitement fiscal de la cession se joue au comptoir, au moment de l'achat, et l'obligation déclarative pèse sur le professionnel. Une erreur ne se rattrape pas après le départ du client.
Le métal acheté il y a trois mois n'a plus le même prix. Sans méthode de valorisation stable et documentée, le résultat de l'exercice devient un artefact du cours du jour d'inventaire plutôt qu'une mesure de votre activité.
Or investissement, bijou d'occasion revendu en l'état, or de fonte, argent, platine : chacun a son mode de calcul, son taux de perte à l'affinage et sa marge. Regroupés dans un seul compte de ventes, ils donnent une marge moyenne qui ne correspond à aucune opération réelle.
Nous établissons avec vous la procédure du comptoir : ce qui est collecté auprès du vendeur, ce qui est conservé, ce qui est déclaré et à quelle échéance. C'est le point qui expose le plus votre responsabilité de professionnel, et il se traite par un processus écrit, pas au cas par cas.
Nous ouvrons des comptes distincts par famille de métal et par destination, revente en l'état ou fonte. Vous obtenez une marge par filière, et vous voyez laquelle porte réellement le résultat.
Nous arrêtons une méthode de valorisation de vos stocks de métal, appliquée à l'identique d'un exercice à l'autre, avec un traitement explicite des pertes d'affinage. Une méthode stable vaut mieux qu'une méthode optimale changeante.
Nous mesurons le délai entre le décaissement au comptoir et l'encaissement de l'affineur, et nous le traduisons en besoin de financement permanent. C'est ce chiffre qui détermine le fonds de roulement dont vous avez besoin pour tenir un volume donné.
Nous auditons vos modalités de règlement aux vendeurs et la traçabilité associée. Les règles de paiement propres à ces achats sont strictes et leur méconnaissance se sanctionne indépendamment de la bonne foi.
Pesées, rapprochement des lots, écarts entre le poids acheté et le poids expédié, suivi du coffre : nous formalisons les contrôles qui permettent de détecter une anomalie en quelques jours plutôt qu'à l'inventaire annuel.
Cadre général applicable à la date de publication.
Le vendeur la supporte, le professionnel en répond. L'article 150 VI du code général des impôts soumet à une taxe forfaitaire les cessions à titre onéreux et les exportations hors de l'Union européenne de métaux précieux d'une part, de bijoux et d'objets d'art, de collection ou d'antiquité d'autre part, sous réserve des règles propres aux bénéfices professionnels.
L'article 150 VK en tire les conséquences. La taxe est supportée par le vendeur, mais elle est due sous leur responsabilité par l'intermédiaire établi fiscalement en France participant à la transaction ou, à défaut d'intermédiaire, par l'acquéreur assujetti à la TVA établi en France. Son taux est de 11 % du prix de cession pour les métaux précieux et de 6 % pour les bijoux, objets d'art, de collection ou d'antiquité. Elle est exigible au moment de la cession.
Quand un particulier vous vend une chaîne en or, la charge fiscale est la sienne mais le risque est le vôtre.
Un seuil existe, mais il ne couvre pas tout. L'article 150 VJ exonère les cessions des biens mentionnés au 2° du I de l'article 150 VI, bijoux et objets d'art, de collection ou d'antiquité, lorsque le prix de cession n'excède pas 5 000 euros. Ce seuil ne vise pas les métaux précieux du 1° : un lingot ou de l'or de fonte reste dans le champ quel que soit le montant. Le même article exonère par ailleurs les cessions au profit d'un musée de France, d'une bibliothèque ou d'un service d'archives public, et celles réalisées par un vendeur qui n'a pas son domicile fiscal en France.
Il peut demander à en sortir. L'article 150 VL lui permet d'opter pour le régime des plus-values sur biens meubles de l'article 150 UA, à condition de justifier la date et le prix d'acquisition ou de justifier une détention de plus de vingt-deux ans. La taxe forfaitaire n'est alors pas due.
La traduction au comptoir est immédiate : c'est vous qui recueillez la facture d'achat, l'acte de succession ou le justificatif de détention au moment de la transaction. Un client qui revient trois semaines plus tard ne peut plus rien y changer.
L'article 150 VM prévoit une déclaration conforme à un modèle établi par l'administration, retraçant les éléments servant à la liquidation de la taxe ou l'option de l'article 150 VL. Lorsque la cession se fait avec la participation d'un intermédiaire domicilié fiscalement en France, c'est cet intermédiaire qui la dépose, sur l'annexe à sa déclaration de TVA du mois ou du trimestre d'exigibilité s'il relève du réel normal, sur sa déclaration annuelle s'il relève du régime simplifié, et au plus tard le 25 du mois suivant s'il n'est pas redevable de la TVA. La taxe est acquittée lors du dépôt, et son recouvrement suit les règles applicables aux taxes sur le chiffre d'affaires.
Sur le règlement, l'article L112-6 du code monétaire et financier est sans nuance : lorsqu'un professionnel achète des métaux à un particulier ou à un autre professionnel, le paiement est effectué par chèque barré ou par virement à un compte ouvert au nom du vendeur, sous peine d'une contravention de cinquième classe. Aucun seuil n'est prévu.
Sur la revente, le 2 quater de l'article 283 du code général des impôts prévoit que pour les livraisons à un autre assujetti d'or sous forme de matière première ou de produits semi-ouvrés d'une pureté égale ou supérieure à 325 millièmes, la taxe est acquittée par le destinataire, le vendeur restant solidairement tenu. Vous facturez donc sans TVA à l'affineur, et le 3 du même article rend redevable quiconque mentionne la taxe sur une facture.
| Point | Référence | Ce qu'il implique |
|---|---|---|
| Taux et redevable | CGI, art. 150 VK | 11 % sur les métaux précieux, 6 % sur les autres biens, sous la responsabilité de l'intermédiaire établi en France |
| Exonérations | CGI, art. 150 VJ | Seuil de 5 000 euros réservé aux bijoux et objets d'art, sans équivalent pour les métaux précieux |
| Option du vendeur | CGI, art. 150 VL | Régime des plus-values sur justification du prix et de la date d'acquisition, ou d'une détention de plus de vingt-deux ans |
| Déclaration | CGI, art. 150 VM | Déposée par l'intermédiaire avec sa déclaration de TVA, taxe acquittée lors du dépôt |
| Moyen de paiement | CMF, art. L112-6 | Chèque barré ou virement au nom du vendeur, contravention de cinquième classe à défaut |
| Revente d'or à un assujetti | CGI, art. 283, 2 quater | Taxe acquittée par le destinataire dès 325 millièmes de pureté |
Le délai entre le décaissement au comptoir et l'encaissement de l'affineur, converti en besoin de financement. Vous payez le vendeur immédiatement, puis vous attendez la constitution d'un lot, l'expédition, l'affinage et le règlement. Ce cycle, multiplié par votre volume quotidien, donne un montant durablement bloqué sous forme de métal. Tant qu'il n'est pas chiffré, la croissance du volume ressemble à une bonne nouvelle alors qu'elle consomme du fonds de roulement.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde vos sources d'approvisionnement, la nature des métaux rachetés et le régime fiscal appliqué à chaque revente.
Reprise du dossier, mise à plat de la valorisation du stock et du traitement de la taxe sur les métaux précieux.
Tenue courante, registre des achats, déclarations de TVA et suivi des obligations liées à la lutte contre le blanchiment.
Points réguliers sur la marge par catégorie de métal et sur l'exposition de votre stock aux variations de cours.
Cas type. Un comptoir de rachat d'or de l'agglomération lyonnaise nous consulte après une année de forte croissance qui s'est terminée en tension de trésorerie. Son résultat était bon, sa banque inquiète. La comptabilité ne distinguait ni les familles de métal ni les destinations, et personne n'avait mesuré le délai entre le règlement du vendeur au comptoir et l'encaissement de l'affineur.
Nous avons ouvert des comptes distincts par famille de métal et par destination, revente en l'état ou fonte, puis chiffré le cycle réel. Il ressortait plusieurs semaines de trésorerie immobilisée en permanence sous forme de métal, proportionnelle au volume traité. La procédure du comptoir a été reprise en parallèle, pour que les justificatifs ouvrant droit à l'option du vendeur soient collectés au moment de la transaction et non après.