
C'est l'erreur fondatrice du secteur. Sur une vente à distance de biens importés, le code général des impôts désigne comme redevable la personne qui réalise la vente, donc vous, sauf dans deux situations précises. Le fournisseur établi hors de l'Union n'est pas le redevable, et le transporteur non plus. Le rappel arrive au moment où le volume devient visible.
Le professionnel qui vend à distance est responsable de plein droit de la bonne exécution du contrat, y compris lorsque l'exécution est confiée à un tiers. Un colis jamais arrivé, un produit non conforme ou contrefaisant vous est opposable directement. Beaucoup de boutiques découvrent cette règle par un litige, pas par leur comptable.
Le modèle repose sur des délais de livraison longs et des taux de réclamation élevés. Remboursements, rétrofacturations et retenues de garantie du prestataire de paiement arrivent avec plusieurs semaines de décalage sur la vente. Sans provision, le résultat d'un mois n'a aucun rapport avec ce qui restera au bout du compte.
Le coût d'acquisition est le premier poste de charges de la plupart des boutiques en dropshipping, et il est presque toujours suivi à part, en dehors du calcul de marge. Un produit à 15 euros d'achat revendu 45 euros paraît confortable, jusqu'à ce que l'on affecte les 22 euros de publicité qu'il a fallu dépenser pour le vendre.
Nous reprenons vos circuits réels : origine des biens, valeur des envois, canal de vente, lieu d'arrivée. Nous établissons flux par flux qui est redevable de la taxe à l'importation et de la TVA sur la vente. C'est le point de départ, et il n'a rien d'évident.
Le régime particulier des ventes à distance de biens importés simplifie beaucoup de choses, mais il impose une déclaration mensuelle et un registre tenu dix ans. Nous chiffrons son intérêt pour votre volume, et nous le mettons en place si la réponse est oui.
Un dropshipper n'a ni bon de livraison ni entrée en stock. Les pièces sont donc ailleurs : commandes fournisseur, preuves de paiement, numéros de suivi, rapports du prestataire de paiement. Nous définissons ce qui est conservé, où, et sous quelle forme, pour que le dossier tienne en cas de contrôle.
Nous construisons le calcul de marge par produit en intégrant le taux de remboursement réel, les frais de paiement et le coût d'acquisition. C'est le seul chiffre qui permet de décider s'il faut monter le budget publicitaire ou arrêter la référence.
Identité du fournisseur, délais réels, disponibilité et licéité des produits : nous vérifions que votre site et vos conditions générales couvrent ce que la réglementation impose, en lien avec votre conseil juridique quand c'est nécessaire.
Micro-entreprise ou société, le choix se joue sur le niveau de charges réelles et sur le rythme de réinvestissement publicitaire. Nous chiffrons les deux options sur vos données, pas sur une moyenne de secteur.
Cadre général applicable à la date de publication.
Le 2 de l'article 293 A du code général des impôts désigne le redevable. Lorsque le bien fait l'objet d'une vente à distance de biens importés, c'est en principe la personne qui réalise cette vente, donc l'exploitant de la boutique. Deux exceptions seulement s'y substituent : l'assujetti qui facilite la vente par une interface électronique lorsque les biens se trouvent en France à l'arrivée et qu'il n'est pas déjà réputé avoir réalisé la vente, et le destinataire lui-même lorsque quatre conditions cumulatives sont réunies, dont l'absence d'interface électronique et le fait que la taxe n'est pas déclarée au guichet unique des importations.
Le même article ajoute une précision qui change la lecture du risque : dans ces deux cas dérogatoires, la personne qui réalise la livraison et le destinataire sont solidairement tenus au paiement de la taxe. Autrement dit, même quand vous n'êtes pas le redevable désigné, vous pouvez être appelé en paiement.
L'article 298 sexdecies H du code général des impôts organise un régime particulier pour les ventes à distance de biens importés. Son champ est borné : il ne couvre que les biens contenus dans des envois d'une valeur intrinsèque ne dépassant pas 150 euros, et il exclut les produits soumis à accises. Un assujetti établi dans l'Union peut s'en prévaloir directement ; un assujetti non établi doit passer par un intermédiaire établi dans l'Union, et il ne peut en désigner qu'un seul à la fois.
Trois obligations en découlent, souvent sous-estimées au moment de l'inscription. La déclaration est mensuelle et se transmet par voie électronique, que des ventes aient été réalisées ou non. La taxe devient exigible au moment où le paiement est accepté, ce qui déconnecte le fait générateur de la date d'expédition. Et un registre des opérations doit être tenu, assez détaillé pour permettre à l'État membre de consommation de vérifier la déclaration, et conservé dix ans à compter du 31 décembre de l'année de l'opération. Le régime, s'il est choisi, s'applique à l'ensemble de vos ventes à distance de biens importés, pas à une partie.
De tout. L'article L. 221-15 du code de la consommation pose que le professionnel est responsable de plein droit à l'égard du consommateur de la bonne exécution des obligations résultant du contrat conclu à distance, que ces obligations soient exécutées par lui ou par d'autres prestataires, sans préjudice de son recours contre eux. L'exonération n'est possible qu'en prouvant que l'inexécution est imputable au consommateur, à un fait imprévisible et insurmontable d'un tiers au contrat, ou à un cas de force majeure.
Un régime spécifique s'ajoute quand la vente est adossée à une activité d'influence commerciale. L'article 6 de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 vise les personnes dont l'activité est limitée à la seule commercialisation de produits sans prise en charge de la livraison. Elles sont responsables de plein droit envers l'acheteur, doivent lui communiquer les informations précontractuelles ainsi que l'identité du fournisseur, et doivent s'assurer de la disponibilité des produits et de leur licéité, notamment qu'il ne s'agit pas de contrefaçons.
| Question | Ce que dit le texte | Référence |
|---|---|---|
| Qui est redevable de la TVA à l'importation | La personne qui réalise la vente à distance de biens importés, sauf cas dérogatoires | CGI, art. 293 A, 2, 2°, a |
| Quand l'interface électronique devient redevable | Biens en France à l'arrivée et interface non déjà réputée avoir réalisé la vente | CGI, art. 293 A, 2, 2°, b |
| Solidarité de paiement | Vendeur et destinataire solidairement tenus dans les cas dérogatoires | CGI, art. 293 A, 5 |
| Champ du guichet IOSS | Envois d'une valeur intrinsèque jusqu'à 150 €, produits soumis à accises exclus | CGI, art. 298 sexdecies H, I, B |
| Exigibilité sous IOSS | Au moment où le paiement est accepté | CGI, art. 298 sexdecies H, I, D |
| Périodicité de la déclaration | Mensuelle, même en l'absence de vente sur la période | CGI, art. 298 sexdecies H, V |
| Registre des opérations | Conservé dix ans à compter du 31 décembre de l'année de l'opération | CGI, art. 298 sexdecies H, X |
| Responsabilité envers le consommateur | De plein droit, même si un tiers exécute la livraison | C. consom., art. L. 221-15 |
Le coût complet d'une commande. La marge affichée est presque toujours une marge brute : prix de vente moins prix d'achat. Il manque au minimum le coût d'acquisition, les frais du prestataire de paiement, le taux de remboursement et le coût du service client. Un modèle à 15 % de remboursements sur des paniers à 40 euros perd bien plus que 15 % de marge, parce que la publicité et les frais de paiement de la commande annulée restent décaissés.
Le second angle mort est la rétention pratiquée par les prestataires de paiement sur les activités à fort taux de litige. Elle transforme un résultat correct en trésorerie indisponible pendant plusieurs mois. Notre simulateur de seuil de rentabilité permet de poser vos propres taux avant d'augmenter un budget publicitaire.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde vos flux : encaissements de la boutique, versements des processeurs de paiement, factures fournisseurs et frais de publicité.
Reprise du dossier, rapprochement entre les commandes et les encaissements, cadrage du traitement des ventes expédiées depuis l'étranger.
Tenue courante, déclarations de TVA, suivi des seuils applicables aux ventes à distance et des obligations liées au guichet unique.
Points réguliers sur la marge après coût d'acquisition client, et sur le poids réel des frais de plateforme.
Cas type. Une boutique en dropshipping, exploitant unique, environ 340 000 euros encaissés sur douze mois, nous consulte parce que son compte bancaire ne suit pas la courbe de son tableau de bord publicitaire. Aucune TVA à l'importation n'avait été déclarée, le fournisseur étant supposé s'en charger. Les remboursements clients étaient enregistrés en charges de l'exercice où ils étaient payés, sans rattachement aux ventes correspondantes.
Le travail a consisté à qualifier chaque flux au regard de la valeur des envois, à inscrire la boutique au guichet unique des importations, et à reconstruire un compte de résultat rattachant remboursements et frais de paiement au mois de la vente. La marge nette réelle s'est avérée inférieure de moitié à la marge suivie jusque-là. Deux produits sur cinq ont été arrêtés, et la régularisation de TVA a été engagée avant tout contrôle.