Expert-comptable pour l'hôtellerie

Une nuitée au taux réduit, des extras au taux normal, une taxe de séjour qui n'est pas votre chiffre d'affaires et un actif à décomposer : l'hôtellerie ne se tient pas comme un commerce.

Hôtellerie
10 %
de TVA sur la fourniture d'un hébergement dans le secteur hôtelier (CGI, art. 279, a)
30 nuitées
durée maximale d'un séjour pour relever du secteur hôtelier au sens de la TVA (CGI, art. 261 D, 4°, b)
3 sur 4
prestations à fournir parmi petit déjeuner, nettoyage, linge et réception (CGI, art. 261 D, 4°, b)
4,00 €
tarif plafond de la taxe de séjour par personne et par nuitée, catégorie palaces (CGCT, art. L2333-30)
Vos enjeux

Ce qui coince dans votre secteur

Un seul taux de TVA est appliqué à toute la note

La note d'un client mélange des opérations qui ne suivent pas le même régime. L'hébergement relève du taux réduit, la restauration servie sur place aussi, mais les boissons alcooliques en sont expressément exclues et repassent au taux normal. Quand la ventilation n'est pas faite dans le logiciel de facturation, elle ne sera jamais faite en comptabilité, et un contrôle la reconstituera à votre place.

La taxe de séjour est enregistrée en produit

Vous la percevez auprès du client, vous ne la gagnez pas. Elle est due à la commune et vous la reversez au comptable public sous votre responsabilité. Comptabilisée en chiffre d'affaires, elle gonfle vos ratios, fausse votre RevPAR et crée un décalage que personne ne rattrape à la clôture.

Vous pilotez au taux d'occupation seul

Un hôtel plein à 85 % avec un prix moyen écrasé par les commissions des plateformes gagne moins qu'un hôtel à 70 % qui vend en direct. Sans prix moyen ni revenu par chambre disponible suivis mois par mois, vous mesurez l'activité, pas la performance.

Votre actif est amorti en un seul bloc

Le gros œuvre, la toiture, les installations techniques, le mobilier et la literie n'ont ni la même durée d'usage ni le même rythme de renouvellement. Amortis sur une durée unique, ils donnent une charge lissée qui ne correspond à aucun de vos cycles de rénovation, et un résultat qui ne dit rien de ce que l'exploitation dégage vraiment.

Accompagnement

Notre accompagnement

Ventilation de la TVA depuis votre logiciel de réservation

Nous paramétrons le lien entre votre PMS et la comptabilité pour que chaque ligne de note arrive déjà qualifiée : nuitée, petit déjeuner, bar, extras. La ventilation se fait à la source, pas en retraitement de fin de mois.

Suivi de la taxe de séjour en compte de tiers

La taxe collectée est isolée dans un compte dédié, rapprochée du nombre de nuitées taxables et des exonérations, et suivie jusqu'au reversement à la commune. Le jour d'un contrôle, la déclaration se justifie ligne à ligne.

Décomposition de l'actif et plan d'amortissement

Nous reprenons votre actif poste par poste pour séparer ce qui dure trente ans de ce qui se remplace tous les cinq. Chaque programme de rénovation est ensuite rattaché au bon composant plutôt que passé en charge ou noyé dans un total.

Compte de résultat par département

Hébergement, restauration, bar, séminaires : chaque activité porte ses recettes et ses charges directes, ce qui permet de savoir laquelle finance les autres. C'est la logique du référentiel USALI, transposée dans un plan de comptes exploitable par une structure indépendante.

Trésorerie et saisonnalité

Les arrhes encaissées, les délais de reversement des plateformes et les creux de basse saison créent des écarts que le compte de résultat ne montre pas. Nous construisons un plan de trésorerie calé sur votre calendrier réel de remplissage.

Masse salariale et personnel saisonnier

Extras, saisonniers, temps partiels de coupure : la paie hôtelière se joue sur le planning autant que sur le contrat. Nous suivons le coût par chambre occupée et alertons quand l'effectif décroche du taux d'occupation.

Cadre reglementaire

Spécificités comptables et fiscales

Cadre général applicable à la date de publication.

Quel taux de TVA s'applique à une nuitée d'hôtel ?

Le taux réduit de 10 %. L'article 279 du code général des impôts vise expressément la fourniture d'un hébergement dans le cadre du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire répondant aux conditions du b du 4° de l'article 261 D, ainsi que la location de logements meublés répondant aux conditions du b bis du même 4°, et la fourniture de logements dans les terrains de campings classés.

Le même article place au taux réduit les ventes à consommer sur place, ce qui couvre le petit déjeuner et la restauration de l'établissement, à l'exclusion des boissons alcooliques, qui relèvent du taux prévu à l'article 278. Une note qui associe une nuitée, un petit déjeuner et une bouteille de vin porte donc deux taux différents. Tout ce qui n'entre ni dans l'hébergement ni dans la vente à consommer sur place demande un examen propre avant d'être facturé.

Qu'est-ce que la para-hôtellerie et quand y bascule-t-on ?

L'article 261 D du code général des impôts exonère de TVA les locations de logements meublés à usage d'habitation, qu'elles soient occasionnelles, permanentes ou saisonnières. Il prévoit ensuite deux sorties d'exonération, et la distinction commande le régime de tout établissement d'hébergement.

Le b vise les prestations d'hébergement fournies dans le cadre du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire, à deux conditions cumulatives : elles sont offertes au client pour une durée n'excédant pas trente nuitées, sans préjudice des reconductions proposées, et elles comprennent la mise à disposition d'un local meublé assortie d'au moins trois des quatre prestations suivantes : le petit déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison et la réception, même non personnalisée, de la clientèle.

Le b bis vise les locations de logements meublés à usage résidentiel hors secteur hôtelier, assorties elles aussi d'au moins trois de ces quatre prestations, mais sans condition de durée. Le c ajoute le cas de la location des murs à l'exploitant d'un établissement qui remplit les conditions du b ou du b bis. Un hôtel classique remplit ces conditions sans y penser ; une résidence de tourisme, une maison d'hôtes ou un exploitant qui allège son offre de services doivent vérifier où ils se situent avant de facturer.

Comment la taxe de séjour se traite-t-elle dans les comptes ?

Elle n'est jamais un produit. L'article L2333-26 du code général des collectivités territoriales laisse la commune l'instituer par délibération prise avant le 1er juillet pour être applicable l'année suivante. L'article L2333-30 fixe le tarif par personne et par nuitée, selon un barème par catégorie d'hébergement assorti d'un plancher et d'un plafond, le plafond allant jusqu'à 4,00 € pour les palaces. Pour les hébergements en attente de classement ou sans classement, le tarif est compris entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité.

L'article L2333-34 précise que les hôteliers versent le montant collecté au comptable public assignataire de la commune, aux dates fixées par délibération et sous leur responsabilité. Le reversement s'accompagne d'une déclaration détaillée : date de début de séjour, adresse de l'hébergement, nombre de personnes, nombre de nuitées, prix de la nuitée pour les hébergements non classés, montant collecté et motifs d'exonération. Une taxe noyée dans le chiffre d'affaires ne produit aucune de ces informations.

Les obligations en un tableau

ObligationRéférenceCe qu'elle implique
TVA sur l'hébergementCGI, art. 279, aTaux réduit de 10 % sur la fourniture d'hébergement dans le secteur hôtelier
Boissons alcooliquesCGI, art. 279, m et art. 278Exclues du taux réduit des ventes à consommer sur place
Sortie de l'exonérationCGI, art. 261 D, 4°, bSéjour de 30 nuitées au plus et au moins 3 des 4 prestations hôtelières
Hébergement para-hôtelierCGI, art. 261 D, 4°, b bisAu moins 3 des 4 prestations, sans condition de durée
Tarif de la taxe de séjourCGCT, art. L2333-30Par personne et par nuitée ; 1 % à 5 % du coût de la nuitée si l'hébergement n'est pas classé
Reversement de la taxeCGCT, art. L2333-34Versement au comptable public de la commune, sous la responsabilité de l'hôtelier, avec déclaration détaillée

Le poste que les hôteliers suivent mal

L'amortissement. Un hôtel est un actif lourd dont les éléments ne vieillissent pas au même rythme : la structure se compte en décennies, les installations techniques en quinze ans, le mobilier et la literie en cinq à sept. Amortir l'ensemble sur une durée moyenne donne une charge constante qui ne prépare aucun renouvellement. Résultat, la rénovation arrive comme une surprise et se finance par la dette au lieu d'avoir été provisionnée par l'exploitation.

Le second angle mort tient au coût réel d'une réservation. Entre la commission d'une plateforme, le coût du petit déjeuner offert et le ménage de la chambre, deux nuitées vendues au même prix affiché ne laissent pas la même marge. Notre simulateur de plan d'amortissement vous permet de poser vos propres durées et de voir ce que la charge devient une fois l'actif décomposé.

Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.

Methode

Comment se passe l'accompagnement avec JUM Advisory

Diagnostic de votre situation

On regarde votre mix chambres, restauration et extras, la taxe de séjour collectée et le poids des commissions des plateformes.

Cadrage et reprise du dossier

Reprise du dossier, paramétrage du logiciel de réservation pour que chaque prestation tombe au bon taux de TVA.

Tenue et échéances

Tenue courante, déclarations de TVA aux taux applicables, reversement de la taxe de séjour et paie de l'équipe saisonnière.

Pilotage et points réguliers

Points réguliers sur le taux d'occupation, le revenu par chambre disponible et le coût de distribution.

Nos Cas types

Cas type. Un hôtel trois étoiles de l'agglomération lyonnaise, 42 chambres, restaurant ouvert le soir, nous consulte après une année où le résultat s'est effondré sans que le taux d'occupation bouge. Sa comptabilité enregistrait la totalité des encaissements en chiffre d'affaires hébergement, taxe de séjour comprise, et appliquait un taux de TVA unique à l'ensemble des notes. Le bar et le restaurant n'étaient pas isolés.

Le travail a consisté à requalifier la taxe de séjour en compte de tiers, à reparamétrer la ventilation des taux depuis le logiciel de réservation, et à ouvrir un compte de résultat par département. Le chiffre d'affaires réel s'est révélé inférieur de plusieurs points à celui qui était affiché, mais la restauration du soir, jusque-là considérée comme un service d'appoint, ressortait déficitaire une fois sa masse salariale rattachée. La décision de réduire les jours d'ouverture du restaurant a été prise sur ce chiffre.

Articles
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FAQ

Questions fréquentes

Quel taux de TVA s'applique à une nuitée d'hôtel ?

Le petit déjeuner suit-il le même taux que la nuitée ?

La taxe de séjour fait-elle partie du chiffre d'affaires ?

Qui fixe le montant de la taxe de séjour ?

Qu'est-ce que la para-hôtellerie ?

Faut-il amortir un hôtel par composants ?

Qu'apporte un compte de résultat par département ?

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