
Compromis signé en novembre, acte authentique en février, honoraires facturés en février : sur quel exercice tombe le produit ? La réponse ne dépend pas de la trésorerie ni de l'usage de l'agence, elle dépend d'une règle. Une agence qui enregistre ses commissions au règlement affiche un résultat qui suit le calendrier des notaires, pas son activité, et cet écart se voit immédiatement dans toute analyse de performance.
Séquestres, dépôts de garantie, loyers encaissés pour le compte de propriétaires : ces sommes ne vous appartiennent pas et n'ont rien à faire dans votre résultat ni dans votre trésorerie disponible. Quand elles se mélangent, la trésorerie affichée est fausse dans le sens le plus dangereux, et la question devient un sujet de garantie financière autant qu'un sujet comptable.
Barèmes progressifs, paliers annuels, avances sur commissions, dossiers repris par un autre négociateur : le calcul se fait souvent sur un tableur tenu par une seule personne. Les écarts se découvrent à la clôture, parfois sur des paliers atteints six mois plus tôt, et se règlent en rattrapage sur un exercice qui n'a rien à voir.
Estimation, reportage photo, diffusion payante, visites, temps de négociation : un mandat consomme des ressources bien avant de rapporter, et un mandat simple non transformé n'en rapporte aucune. Sans coût de revient par mandat rapproché du taux de transformation, la rentabilité par typologie de bien ou par secteur reste une impression.
Nous calons l'enregistrement de vos honoraires sur le fait générateur légal, avec un suivi des dossiers signés mais non régularisés à la clôture. Le résultat cesse alors de dépendre du calendrier de vos notaires, et devient comparable d'un exercice à l'autre.
Nous mettons en place le circuit comptable qui isole les sommes détenues pour le compte de tiers de votre trésorerie propre, avec un rapprochement périodique entre les comptes concernés et les positions individuelles de chaque mandant. C'est ce qui rend l'état des fonds opposable en cas de contrôle du garant.
Nous paramétrons le calcul des rétrocessions par négociateur, avec le suivi des paliers en cours d'année et le rapprochement entre commissions facturées, commissions encaissées et rétrocessions dues. Les avances consenties sont suivies dossier par dossier, pas régularisées en bloc.
Nous construisons un suivi qui rapporte les charges de commercialisation au nombre de mandats pris et au nombre de ventes réalisées, par typologie de bien et par secteur. C'est ce qui permet d'arrêter une politique d'exclusivité sur des chiffres plutôt que sur une conviction.
Nous tenons le calendrier des attestations à renouveler, garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle, et vérifions la cohérence entre le montant de garantie souscrit et les fonds réellement détenus au fil de l'année.
Nous construisons un plan de trésorerie qui tient compte du décalage entre la prise de mandat et l'encaissement, et de la concentration des signatures sur certaines périodes. Une agence rentable sur l'année peut être en tension quatre mois sur douze sans que cela apparaisse dans les comptes annuels.
Cadre général applicable à la date de publication.
L'article 3 de la loi du 2 janvier 1970 réserve les activités d'entremise immobilière aux titulaires d'une carte professionnelle, délivrée par le président de la chambre de commerce et d'industrie territoriale, pour une durée fixée par décret en Conseil d'État, et précisant les opérations que son titulaire peut accomplir. CCI France tient à jour un fichier des titulaires.
Quatre conditions cumulatives sont exigées des personnes physiques : justifier de son aptitude professionnelle, justifier d'une garantie financière permettant le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés et spécialement affectée à ce remboursement, contracter une assurance de responsabilité civile professionnelle, et ne pas être frappé d'une incapacité ou interdiction d'exercer. Pour une personne morale, la société doit satisfaire aux deux conditions financières, ses représentants légaux aux deux autres. Le même article impose enfin une déclaration préalable d'activité pour chaque établissement, succursale, agence ou bureau, par la personne qui en assure la direction.
La garantie financière n'est exigée que des professionnels qui détiennent des fonds. Le décret du 20 juillet 1972 prévoit, à l'appui de la demande, une déclaration sur l'honneur par laquelle le demandeur atteste ne recevoir ni détenir d'autres fonds que ceux représentatifs de sa rémunération ou de ses honoraires. Détenir des fonds ou ne pas en détenir n'entraîne ni les mêmes obligations, ni le même circuit comptable.
C'est la question qui commande tout le compte de résultat, et l'article 6 de la loi du 2 janvier 1970 y répond sans ambiguïté. Aucune somme représentative d'honoraires, de frais de recherche, de démarche ou d'entremise n'est due, ni ne peut être exigée ou acceptée, avant qu'une des opérations visées ait été effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant l'engagement des parties.
Le même article impose par ailleurs que la convention conclue avec le client soit rédigée par écrit et précise les conditions dans lesquelles le professionnel est autorisé à recevoir, verser ou remettre des sommes d'argent, les modalités de la reddition de compte, les conditions de détermination de la rémunération et l'indication de la partie qui en a la charge. Une clause d'exclusivité oblige en outre à préciser les actions que le mandataire s'engage à réaliser et la périodicité selon laquelle il en rend compte. Une exception vaut lorsque le mandant agit à titre professionnel : des sommes peuvent alors être exigées avant la conclusion, dans des conditions fixées par décret.
Il crée une frontière que les comptes doivent rendre lisible. Le décret du 20 juillet 1972 subordonne la délivrance de la carte à la production, selon le cas, d'une attestation de l'établissement de crédit ayant ouvert le compte prévu par ses articles 55 ou 59, ou d'une attestation d'ouverture, au nom de chaque mandant, des comptes bancaires prévus par son article 71.
La garantie financière n'est pas une assurance de bonne fin ordinaire. Le même décret prévoit qu'elle couvre toute créance ayant pour origine un versement ou une remise effectués à l'occasion d'une opération d'entremise, et qu'elle produit effet sur les seules justifications que la créance est certaine, liquide et exigible et que la personne garantie est défaillante, sans que le garant puisse exiger du créancier qu'il agisse préalablement contre le professionnel débiteur. Le garant peut donc être appelé vite, d'où son exigence sur l'état des fonds détenus.
| Obligation | Référence | Ce qu'elle implique |
|---|---|---|
| Carte professionnelle | Loi du 2 janvier 1970, art. 3 | Aptitude, garantie financière, assurance de responsabilité civile, absence d'incapacité |
| Déclaration par établissement | Loi du 2 janvier 1970, art. 3 | Une déclaration préalable pour chaque établissement, succursale, agence ou bureau |
| Fait générateur des honoraires | Loi du 2 janvier 1970, art. 6 | Opération effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit |
| Contenu de la convention | Loi du 2 janvier 1970, art. 6 | Réception des fonds, reddition de compte, rémunération et partie qui la supporte |
| Mandat écrit préalable | Décret du 20 juillet 1972, art. 72 | Aucune négociation sans mandat écrit délivré au préalable par l'une des parties |
| Registre des mandats | Décret du 20 juillet 1972, art. 72 | Ordre chronologique, registre coté sans discontinuité et relié, conservation dix ans |
| Portée de la garantie | Décret du 20 juillet 1972, art. 39 | Couvre toute créance née d'un versement, sans action préalable contre l'agence |
Le coût de revient d'un mandat. Estimation, reportage, diffusion payante, visites et temps de négociation se consomment avant toute perspective de recette, et un mandat non transformé les consomme entièrement à perte. Rapporté au taux de transformation par typologie de bien, il explique souvent mieux la rentabilité d'une agence que le montant moyen des honoraires. Notre simulateur de coût d'un salarié chiffre ce que représente un négociateur salarié au regard du volume qu'il doit transformer.
Le second angle mort tient au décalage. Entre la prise de mandat, la signature du compromis et la régularisation de l'acte, plusieurs mois passent, pendant lesquels les charges courent et les rétrocessions se préparent. Une agence rentable sur l'exercice peut traverser quatre mois de tension sans que les comptes annuels en gardent la moindre trace.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On examine vos mandats, la répartition entre honoraires de transaction, de gestion et de location, et le traitement de vos rétrocessions d'agents commerciaux.
Reprise du dossier, cadrage du compte séquestre si vous en tenez un, et mise à plat des commissions dues aux négociateurs.
Tenue courante, TVA sur les honoraires, déclarations liées aux agents commerciaux et suivi des échéances de la carte professionnelle.
Points réguliers sur le chiffre d'affaires par négociateur, le stock de mandats et le délai moyen d'encaissement des commissions.
Cas type. Une agence immobilière lyonnaise, deux points de vente, six négociateurs dont quatre agents commerciaux, nous consulte après deux exercices dont les résultats variaient fortement sans que le nombre de ventes bouge. Les honoraires étaient enregistrés à l'encaissement, les dépôts de garantie transitaient par le compte courant de l'agence, et les rétrocessions étaient calculées sur un tableur mis à jour en fin de trimestre.
Le travail a consisté à rattacher les honoraires aux opérations réellement conclues, à isoler les fonds détenus pour le compte de tiers sur un circuit distinct, et à reconstruire le calcul des rétrocessions palier par palier sur deux exercices. Le résultat retraité s'est révélé stable : la variation venait uniquement de deux dossiers importants régularisés en janvier au lieu de décembre. En revanche, la lecture par typologie a montré qu'un des deux points de vente prenait beaucoup de mandats simples avec un taux de transformation nettement inférieur, pour un coût de commercialisation identique.