
Un mariage facturé au forfait contient des aliments, des boissons, de l'alcool, du service en salle et parfois de la location de matériel. Facturé en une ligne à un taux unique, ce devis fait peser sur vous la totalité du risque de requalification. La question ne se règle pas à la facturation, elle se règle à la construction de l'offre.
Une réception réservée en janvier pour septembre génère un encaissement immédiat. Enregistré en produit, il gonfle un exercice et vide le suivant, et il masque le fait que cet argent est engagé sur une prestation non encore réalisée. La qualification juridique du versement, elle, dépend d'une clause que beaucoup de contrats ne contiennent pas.
Après l'événement, l'équipe passe au suivant. Les heures d'extras, les achats de dernière minute, la casse, le carburant et les invendus ne sont pas rattachés à l'affaire. La marge annoncée au devis reste une marge théorique que personne ne vérifie.
Un samedi de septembre peut demander quinze personnes pour une journée. Contrats signés après coup, heures non déclarées, statuts approximatifs : c'est le sujet qui expose le plus une entreprise de traiteur, et il se traite avant la saison, pas pendant.
Nous reprenons vos modèles de devis et de facture pour que chaque composante de l'offre porte son propre régime. Le document devient opposable, et votre client comprend ce qu'il paie.
Nous distinguons dans vos écritures ce qui est encaissé de ce qui est acquis, et nous vous aidons à rédiger la clause qui qualifie le versement dans vos conditions de vente. Le sujet est autant contractuel que comptable.
Nous ouvrons une affaire par événement et nous y rattachons matières, heures d'extras, transport, location et casse. Le rapprochement du devis et du réalisé, fait systématiquement, corrige les prix de la saison suivante.
Nous mettons en place des contrats types et un circuit de déclaration qui tient le rythme d'un samedi chargé, et nous vérifions que le recours aux contrats courts reste dans son cadre.
Nous construisons un plan de trésorerie calé sur votre carnet de réservations, en tenant compte du décalage entre les encaissements de réservation, les achats de la semaine de l'événement et le solde réglé après coup.
Camion frigorifique, chambre froide, matériel de réception : nous chiffrons l'arbitrage entre location et acquisition sur votre taux d'utilisation réel, souvent bien inférieur à celui qui est supposé au moment de l'achat.
Cadre général applicable à la date de publication.
Il n'y en a pas un seul, et c'est ce qui rend le devis difficile à construire. L'article 279 du code général des impôts fixe le taux de 10 % pour les ventes à consommer sur place (m) et pour les ventes à emporter ou à livrer de produits alimentaires préparés en vue d'une consommation immédiate (n), en excluant dans les deux cas les boissons alcooliques, qui relèvent du taux normal de l'article 278.
À côté, le A du I de l'article 278-0 bis maintient le taux réduit de 5,5 % sur les livraisons de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine, hors produits de confiserie, chocolats et produits contenant du chocolat ou du cacao, margarines, caviar et boissons alcooliques. Une même commande peut donc contenir des éléments à 5,5 %, à 10 % et à 20 %, selon qu'il s'agit de produits livrés sans destination de consommation immédiate, de plats préparés pour être consommés tout de suite, ou de vin.
L'article 257 ter du code général des impôts donne la règle d'analyse. Son I pose que chaque opération imposable est considérée comme étant distincte et indépendante et suit son régime propre, déterminé en fonction de son élément principal ou de ses éléments autres qu'accessoires, et que l'étendue d'une opération s'apprécie du point de vue du consommateur moyen, en tenant compte de l'importance qualitative et quantitative des différents éléments ainsi que des circonstances dans lesquelles l'opération se déroule.
Son II précise que relèvent d'une seule opération les éléments si étroitement liés qu'ils forment objectivement une seule prestation économique indissociable dont la décomposition revêtirait un caractère artificiel, un élément accessoire suivant le régime des éléments principaux. Un forfait de réception comprenant les plats, le service, la vaisselle et la sonorisation ne se traite donc pas par une règle unique : il se qualifie, et cette qualification a sa place dans le devis.
Pas par défaut, et la différence est lourde de conséquences. L'article L214-1 du code de la consommation dispose que, sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services conclu entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont des arrhes au sens de l'article 1590 du code civil. Chacune des parties peut alors revenir sur son engagement, le consommateur en perdant les arrhes, le professionnel en les restituant au double.
Pour qui encaisse plusieurs mois avant l'événement, cela signifie qu'un client peut annuler en abandonnant son versement, et qu'une annulation de votre fait vous coûte deux fois la somme reçue. La qualification se joue dans une clause de vos conditions de vente, pas après coup.
L'article L214-2 ajoute que, lorsque le contrat porte sur une prestation de services, les sommes versées d'avance portent intérêt au taux légal à l'expiration d'un délai de trois mois à compter du versement et jusqu'à l'exécution de la prestation, ces intérêts étant déduits du solde. Une réservation encaissée dix mois avant la date entre donc dans ce champ.
Le 3° de l'article L1242-2 du code du travail autorise le contrat à durée déterminée pour les emplois relevant de secteurs où il est d'usage constant de ne pas recourir au contrat à durée indéterminée, en raison de la nature de l'activité et du caractère par nature temporaire de ces emplois. L'article D1242-1 énumère ces secteurs et vise, à son 4°, l'hôtellerie et la restauration, les centres de loisirs et de vacances.
L'appartenance au secteur ouvre la possibilité sans dispenser des conditions de fond : le caractère temporaire de l'emploi doit être établi pour chaque contrat, et le contrat doit exister avant la prestation. Sur une saison concentrée sur quelques samedis, c'est le circuit administratif qui fait la différence.
| Point | Référence | Ce qu'il implique |
|---|---|---|
| Consommation sur place ou immédiate | CGI, art. 279, m et n | 10 %, boissons alcooliques exclues et taxées au taux normal |
| Denrées alimentaires livrées | CGI, art. 278-0 bis, A, 1° | 5,5 %, hors confiserie, chocolats et produits cacaotés, margarines, caviar et alcools |
| Offre composite | CGI, art. 257 ter | Opérations distinctes par principe, prestation unique si les éléments sont indissociables pour le consommateur moyen |
| Sommes versées à la réservation | C. consom., art. L214-1 | Arrhes sauf clause contraire, restitution au double si le professionnel se dédit |
| Intérêts sur ces sommes | C. consom., art. L214-2 | Taux légal à compter de trois mois après le versement, déduits du solde |
| Contrats courts | C. trav., art. L1242-2, 3° et D1242-1, 4° | Recours ouvert à l'hôtellerie et à la restauration, sans dispense des conditions de fond |
Le bouclage du coût réel après l'événement. Le devis est chiffré avec soin, puis personne n'y revient une fois la prestation passée : heures d'extras réellement payées, achats de dernière minute, casse, carburant, invendus. Sans rapprochement systématique du prévu et du réalisé, les prix de la saison suivante reposent sur une marge théorique, et l'écart se creuse d'une année sur l'autre.
Cette page présente le cadre général applicable à sa date de publication. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées renvoient aux textes en vigueur sur Legifrance.
On regarde votre ventilation entre prestations livrées et prestations servies, vos pertes matières et vos pics d'activité.
Reprise du dossier, cadrage de la ventilation des devis par taux de TVA et du traitement des acomptes clients.
Tenue courante, déclarations de TVA aux taux applicables, paie des extras et suivi des échéances sociales.
Points réguliers sur le coût matière par prestation et sur la marge par type d'événement.
Cas type. Une entreprise de traiteur événementiel de l'ouest lyonnais, quatre permanents et une trentaine d'extras en saison, nous consulte après un exercice bénéficiaire suivi d'un trimestre en tension de trésorerie. Ses réservations étaient encaissées en produits dès le versement, parfois neuf mois avant la prestation, ce qui gonflait un exercice et vidait le suivant. Ses conditions de vente ne qualifiaient pas ces versements.
Nous avons sorti des produits les sommes correspondant à des prestations non réalisées, et fait rédiger la clause qui qualifie le versement dans les conditions de vente. Une affaire a ensuite été ouverte par événement, avec matières, heures d'extras, transport et casse rattachés. Le rapprochement du devis et du réalisé sur une saison complète a montré que les prestations de moins de quarante couverts, les plus nombreuses, dégageaient une marge inférieure de moitié à celle du devis, essentiellement à cause des heures de mise en place non refacturées.