Une facture d'hôtel ressemble à une addition de restaurant qui aurait pris de l'ampleur : des nuitées, des petits-déjeuners, un dîner avec une bouteille de vin, deux consommations au minibar, une séance de spa, parfois une salle de réunion pour un client entreprise. Chacune de ces lignes a son propre régime de TVA à l'hôtel, et le logiciel de réception ne fait que ce qu'on lui a demandé de faire.
Cet article vous permet de vérifier le taux de chaque prestation, de comprendre quand un service suit le taux de la nuitée et quand il garde le sien, de ventiler correctement un forfait séminaire ou une demi-pension, et de traiter la taxe de séjour. C'est l'essentiel de la TVA en hôtellerie pour un exploitant indépendant.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026. L'exemple chiffré de forfait séminaire est fictif.
Le taux réduit de 10 %. Les prestations d'hébergement fournies dans le secteur hôtelier ou dans des secteurs ayant une fonction similaire, lorsqu'elles ne sont pas exonérées, sont taxées à ce taux (Bofip, BOI-TVA-LIQ-30-20-10-10, § 20). Le taux de TVA d'un hôtel ne dépend ni de son nombre d'étoiles ni de son classement.
Pour que l'hébergement soit soumis à la TVA, deux critères doivent être remplis (BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20). D'abord une condition de durée : le prestataire doit proposer des séjours qui peuvent être, au choix du client, de trente jours ou moins. Un client qui reste six semaines dans un hôtel qui loue à la nuitée ne fait pas sortir l'hôtel du régime. Ensuite, le client doit avoir accès à au moins trois des quatre services suivants : petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture du linge de maison et réception, même non personnalisée.
La doctrine précise que le classement au sens du code du tourisme et l'immatriculation au registre du commerce sont sans incidence. Les hôtels, résidences de tourisme, campings, chambres d'hôtes ou meublés qui remplissent les conditions sont traités de la même façon. Les questions spécifiques à ces autres hébergements sont abordées dans les articles sur l'achat d'un gîte et l'achat d'un camping. Pour un établissement qui veut sécuriser ces points dès l'ouverture, un expert-comptable pour hôtel vérifie le paramétrage du logiciel de réception avant la première facture.
Tout ce qui se mange relève du taux de 10 % applicable aux ventes à consommer sur place. Les boissons alcooliques en sont exclues et restent au taux normal de 20 %.
Le petit-déjeuner servi dans la salle ou en chambre est une vente à consommer sur place. La doctrine range expressément les petits-déjeuners parmi les repas (BOI-TVA-LIQ-30-20-10-20, § 133). Il est donc au taux de 10 %, comme la nuitée, ce qui simplifie la facture tant qu'aucune boisson alcoolisée n'y figure.
Les repas servis au restaurant de l'hôtel et le room service sont à 10 %. Le vin, la bière, l'apéritif et le digestif sont à 20 %. Quand le client choisit séparément ses plats et ses boissons, chaque élément suit son propre taux. Quand l'alcool est inclus dans un prix unique, il faut ventiler selon une méthode économiquement rationnelle et justifiable, par exemple en appliquant au prix hors taxe du menu le rapport entre les prix hors taxe à la carte des différents éléments (§ 80). Les règles de la restauration sont reprises en détail dans l'article sur la TVA en restauration, et un hôtel dont le restaurant pèse lourd gagne à suivre l'accompagnement comptable des CHR pour cette partie de l'activité.
Nuitée et repas étant tous deux à 10 %, une demi-pension sans alcool reste entièrement à 10 %. Si la formule comprend un verre de vin ou un apéritif, la part correspondante doit être isolée au taux normal, selon la même logique de ventilation.
Un service qui forme avec la nuitée une opération unique, et qui n'en est que l'accessoire, suit le taux de l'hébergement. Un service proposé en option, avec un supplément, garde son propre taux.
La doctrine cite le téléphone, la télévision, le petit-déjeuner, le blanchissage, le garage, les soins de beauté, l'accès aux installations sportives, les excursions et le minibar. Ces services relèvent en principe du taux qui leur est propre, sauf lorsqu'ils sont si étroitement liés à l'hébergement qu'ils forment avec lui une opération unique (BOI-TVA-LIQ-30-20-10-10, § 40 à 60). Un service est accessoire lorsqu'il n'a pas de finalité autonome pour le client, comme l'accès à la piscine. Une proposition optionnelle est un indice de dissociation : les soins facturés en supplément ou les produits de la boutique suivent leur propre taux.
| Prestation | Taux | Condition ou nuance |
|---|---|---|
| Nuitée | 10 % | Séjours proposés au choix du client pour 30 jours ou moins, avec au moins trois des quatre services annexes |
| Petit-déjeuner, repas au restaurant, room service | 10 % | Hors boissons alcooliques |
| Boissons alcooliques (bar, restaurant, minibar) | 20 % | À isoler dans les formules et la demi-pension |
| Minibar sans alcool | 10 % | Le contenu alcoolisé du minibar reste à 20 % |
| Soins, spa, boutique proposés en option | Taux propre à chaque prestation | L'option payante est un indice de dissociation de l'hébergement |
| Location de salle de réunion et matériel | 20 % | Aucun taux réduit ne vise cette prestation |
| Taxe de séjour forfaitaire | Incluse dans la base de TVA | Due par l'hôtelier lui-même |
Lecture : un service accessoire, sans finalité propre pour le client, suit le taux de la nuitée ; un service proposé en option suit son propre taux. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Taux et règles vérifiés le 19 octobre 2026 dans la doctrine administrative en vigueur.
Les consommations du minibar sont au taux de 10 %, à l'exception des boissons alcooliques qui restent au taux normal (tableau récapitulatif BOI-ANNX-000495). La touche « minibar » unique du logiciel de réception est donc à proscrire dès que l'offre comprend une mignonnette.
Ces prestations n'ont pas de taux réduit propre. Facturées à part, en option, elles relèvent donc du taux normal. Incluses dans le prix de la chambre sans supplément et sans finalité autonome, elles peuvent suivre le taux de la nuitée. La frontière se tranche au cas par cas, selon la façon dont l'offre est présentée au client.
Les repas et les pauses du séminaire sont à 10 %, la location de la salle et du matériel à 20 %, les nuitées à 10 %. Un forfait journée d'étude doit donc être ventilé.
Aucun taux réduit ne vise la mise à disposition d'une salle de réunion et de son équipement audiovisuel. Elle relève du taux normal. Le cas est différent quand un repas est servi dans une salle mise à disposition pour le consommer : la salle devient alors un service accessoire à la restauration, au taux de 10 % (§ 110 du BOI-TVA-LIQ-30-20-10-20).
Un hôtel vend une journée d'étude à 95 euros TTC par personne. À la carte, la salle équipée vaudrait 40 euros hors taxe (taux de 20 %), le déjeuner 30 euros et les deux pauses 10 euros (taux de 10 %). La salle représente donc la moitié du total hors taxe à la carte. En appliquant cette proportion, le forfait se décompose en 82,61 euros hors taxe : environ 41,30 euros au taux de 20 % (8,26 euros de TVA) et 41,30 euros au taux de 10 % (4,13 euros de TVA).
La clé de répartition doit reposer sur des prix réellement pratiqués et être conservée avec les factures. Une ventilation qui ne s'appuie sur aucun prix de référence se défend mal en contrôle.
Les chambres réservées pour les participants restent au taux de 10 %, qu'elles soient facturées à l'entreprise cliente ou aux participants. Elles peuvent figurer sur la même facture que le forfait, sur une ligne distincte.
Cela dépend du régime choisi par la commune. La taxe de séjour forfaitaire, due par l'hôtelier lui-même, est incluse dans la base d'imposition de la TVA (BOI-TVA-BASE-10-10-20, § 240).
Au réel, la taxe est payée par le client et l'hôtelier la collecte puis la reverse à la collectivité. Elle apparaît sur une ligne distincte de la facture, sans TVA, au titre des sommes perçues pour le compte d'un tiers. Elle ne doit pas être mélangée au prix de la chambre dans le logiciel de réception, sous peine de payer la TVA sur une somme qui ne vous revient pas.
Un petit hôtel peut relever de la franchise en base, mais la plupart des établissements collectent la TVA et récupèrent celle payée sur leurs achats et leurs travaux.
L'hébergement relève des seuils applicables aux ventes de marchandises : 85 000 euros de chiffre d'affaires, avec un seuil majoré de 93 500 euros, inchangés pour 2026 selon Service Public Entreprendre. Sous ces seuils, l'exploitant ne facture pas de TVA, mais ne récupère pas non plus celle de ses travaux de rénovation, ce qui pèse lourd l'année d'une remise à niveau des chambres.
Un hôtel assujetti récupère la TVA sur ses achats de fonctionnement, son linge, ses équipements et ses travaux, dans les conditions de droit commun. Le sujet compte au moment d'un achat : l'article sur l'achat d'un hôtel et celui sur l'investissement dans l'hôtellerie détaillent l'articulation entre murs, fonds et fiscalité. Pour lire l'effet de la TVA sur vos marges par département (hébergement, restauration, séminaires), le référentiel présenté dans l'article sur l'USALI est un bon point de départ.
Le cabinet part de la facture client et du logiciel de réception. L'objectif est que chaque prestation vendue porte le bon taux, et que les forfaits soient ventilés selon une clé que vous pouvez justifier.
JUM Advisory vérifie les taux de chaque article du logiciel de réception et de la caisse du restaurant, construit avec vous les clés de ventilation de la demi-pension et des forfaits séminaires, contrôle le traitement de la taxe de séjour et prépare les déclarations de TVA. La gestion fiscale d'ensemble d'un établissement mixte est présentée dans l'article sur la gestion fiscale d'un hôtel-restaurant.
Le cabinet tient la comptabilité par département, suit la TVA déductible des travaux et vous alerte quand une nouvelle offre (spa, coffret, partenariat) pose une question de taux. Pour découvrir l'accompagnement d'un cabinet comptable spécialisé en hôtellerie, le plus simple est de prendre contact avec le cabinet.
Raisonner ligne par ligne, et se demander pour chaque service s'il est inclus sans supplément ou proposé en option.