En restauration, les heures supplémentaires ne sont pas l'exception : un contrat à 39 heures en comporte déjà quatre chaque semaine, et le coup de feu d'un samedi soir en ajoute d'autres. Les heures supplémentaires HCR obéissent pourtant à des règles propres à la convention collective des hôtels, cafés et restaurants, qui diffèrent du Code du travail sur les taux, le contingent et le repos. C'est là que naissent les erreurs, et elles se paient au départ du salarié ou lors d'un contrôle.
Cet article vous permet de décompter correctement les heures, d'appliquer la bonne majoration des heures supplémentaires HCR, de choisir entre paiement et repos de remplacement, et de repérer les erreurs qui exposent à un rappel de salaire ou à un redressement.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026. L'exemple chiffré est fictif et calculé en brut.
C'est une heure de travail effectif accomplie au-delà de 35 heures par semaine, à la demande de l'employeur ou avec son accord. Cette définition figure à l'article 5 de l'avenant n° 2 du 5 février 2007 à la convention HCR.
L'article 5.1 de l'avenant n° 2 fixe le déclenchement des heures supplémentaires au-delà de 35 heures par semaine, sous réserve des dispositifs d'aménagement du temps de travail prévus par l'avenant. Le décompte se fait donc à la semaine, et non au mois : une semaine à 45 heures ne se compense pas avec une semaine à 30 heures, sauf accord d'aménagement du temps de travail en place dans l'entreprise.
Seules les heures de travail effectif comptent. Les heures faites à la demande de l'employeur, ou avec son accord, même tacite, sont des heures supplémentaires. Un responsable qui laisse l'équipe finir le service à 1 heure du matin sans rien dire a donné son accord. La coupure, si elle est réellement libre, n'est pas du travail effectif. C'est souvent le premier point qu'un expert-comptable spécialisé CHR vérifie en reprenant la paie d'un établissement.
Pour les salariés payés au pourcentage service, l'article 5.2 du même avenant précise que ce pourcentage est réputé rémunérer l'ensemble des heures, mais que l'entreprise doit y ajouter les majorations des heures supplémentaires. La rémunération totale doit au moins atteindre le minimum de la grille pour la durée travaillée, majorations comprises. L'article sur la comptabilisation des pourboires distingue ces sommes des pourboires eux-mêmes.
10 % de la 36e à la 39e heure, 20 % de la 40e à la 43e heure et 50 % à partir de la 44e heure. Ces taux sont fixés par l'article 4 de l'avenant n° 2, étendu par arrêté du 26 mars 2007.
Le Code du travail autorise un accord de branche à fixer des majorations inférieures au droit commun, à condition qu'elles ne descendent pas sous 10 % (article L. 3121-33). La convention HCR use de cette faculté. À défaut d'accord, l'article L. 3121-36 prévoit 25 % pour les huit premières heures et 50 % au-delà. Un logiciel paramétré sur le droit commun surpaie les heures de la 36e à la 43e, un logiciel mal paramétré dans l'autre sens les sous-paie : dans les deux cas, la paie est fausse. Le guide pour calculer sa paie en restauration revient sur ce paramétrage.
Un salarié à 39 heures effectue quatre heures supplémentaires structurelles chaque semaine, majorées de 10 %. Mensualisées, elles représentent 17,33 heures par mois, qui s'ajoutent aux 151,67 heures de base. Les heures faites au-delà de 39 heures restent des heures supplémentaires à payer en plus, à 20 % puis à 50 %. Le calcul complet d'un salaire au minimum sur 39 heures figure dans l'article sur le Smic hôtelier 2026.
| Heures dans la semaine | Majoration HCR | Repos de remplacement HCR | Pour comparaison : droit commun |
|---|---|---|---|
| De la 36e à la 39e heure | 10 % | 110 % (4 premières heures) | 25 % |
| De la 40e à la 43e heure | 20 % | 120 % (4 heures suivantes) | 25 % |
| À partir de la 44e heure | 50 % | 150 % | 50 % à partir de la 44e heure |
| Contingent annuel | 360 heures (établissement permanent), 90 heures par trimestre civil (saisonnier) | Heures compensées en repos non décomptées | Fixé par accord, à défaut par décret |
| Durée maximale par semaine | 48 heures, et 46 heures en moyenne sur 12 semaines |
Les majorations HCR remplacent celles du droit commun pour les entreprises de la branche. Le droit commun est cité pour repérer les logiciels mal paramétrés. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Textes vérifiés le 19 octobre 2026 sur Légifrance et le Code du travail numérique.
Prenons un chef de partie payé 13 euros brut de l'heure, qui travaille 46 heures une semaine de forte affluence. Les heures 36 à 39 sont payées 13 euros majorés de 10 %, soit 14,30 euros : 57,20 euros pour quatre heures. Les heures 40 à 43 sont payées 15,60 euros : 62,40 euros. Les heures 44 à 46 sont payées 19,50 euros : 58,50 euros. Les onze heures supplémentaires représentent donc 178,20 euros brut, en plus des 455 euros correspondant aux 35 premières heures. Avec un paramétrage sur le droit commun, ces mêmes heures auraient été payées 188,50 euros : l'écart paraît faible sur une semaine, mais il se répète sur toute l'équipe et toute l'année.
Oui. La convention HCR permet de remplacer tout ou partie du paiement des heures supplémentaires et de leurs majorations par un repos compensateur de remplacement, à durée équivalente majorée.
Selon l'article 5.1 de l'avenant n° 2, chacune des quatre premières heures supplémentaires ouvre droit à 110 % de repos, chacune des quatre suivantes à 120 %, et les suivantes à 150 %. L'employeur définit les règles d'attribution (date, périodicité, forme) après concertation des salariés concernés. Le repos doit être pris dans une période de douze mois consécutifs ou de 52 semaines.
Le repos de remplacement est utile en basse saison pour lisser la masse salariale. Il suppose un suivi rigoureux des compteurs, faute de quoi il se transforme en dette de repos impayée au départ du salarié. Les heures compensées intégralement en repos ne s'imputent pas sur le contingent annuel. L'article sur la masse salariale en restauration montre comment intégrer ces compteurs au pilotage.
Le contingent annuel est de 360 heures pour un établissement permanent et de 90 heures par trimestre civil pour un établissement saisonnier. La durée de travail ne peut pas dépasser 48 heures sur une semaine, ni 46 heures en moyenne sur douze semaines consécutives.
L'article 5.3 de l'avenant n° 2 fixe ce contingent, utilisable sans autorisation de l'inspecteur du travail, hors heures compensées en temps. Au-delà, le Code du travail impose une contrepartie obligatoire en repos (article L. 3121-30), qui doit être au moins égale à 50 % des heures concernées dans les entreprises de 20 salariés au plus et à 100 % au-delà de 20 salariés (article L. 3121-33). Selon le même article, les heures faites dans le contingent donnent lieu à information du CSE, celles faites au-delà à son avis.
L'article 6 de l'avenant n° 2 fixe, hors travailleurs de nuit, une durée quotidienne maximale de 11 heures pour un cuisinier, 11 heures 30 pour les autres personnels, 12 heures pour le personnel de réception et 10 heures pour le personnel administratif hors site d'exploitation. Sur la semaine, la limite absolue est de 48 heures. Payer une heure ne la rend pas légale : une semaine à 52 heures, même rémunérée au bon taux, reste une infraction à la durée maximale.
Par un relevé individuel des horaires, émargé chaque semaine par le salarié. C'est une obligation conventionnelle, et c'est surtout la seule défense de l'employeur en cas de litige.
L'article 5.1 de l'avenant n° 2 impose de tenir un registre ou un document indiquant l'horaire nominatif et individuel de chaque salarié, émargé par le salarié au moins une fois par semaine et tenu à disposition de l'inspection du travail. Le salarié doit être informé, sur le bulletin de paie ou une fiche annexée, des heures supplémentaires effectuées et des repos acquis et pris. Pour les salariés qui ne suivent pas un horaire collectif affiché, l'article D. 3171-8 du Code du travail exige un enregistrement quotidien des heures et un récapitulatif hebdomadaire.
Selon l'article L. 3171-4 du Code du travail, en cas de litige sur le nombre d'heures, l'employeur doit fournir au juge les éléments justifiant les horaires réellement réalisés, que le juge confronte à ceux produits par le salarié. Un planning prévisionnel ne suffit pas : c'est l'horaire réalisé qui compte. Un relevé signé, ou un système de pointage tenu à jour, change l'issue d'un dossier prud'homal.
Les heures non déclarées, les majorations mal appliquées et les heures payées en prime. Les deux premières exposent à un rappel de salaire sur trois ans, la dernière peut être qualifiée de travail dissimulé.
L'article L. 3245-1 du Code du travail fixe à trois ans le délai pour agir en paiement des salaires, la demande pouvant porter sur les trois années précédant la rupture du contrat. Exemple fictif : un salarié payé 13 euros de l'heure qui fait chaque semaine quatre heures entre la 40e et la 43e heure, payées au taux simple au lieu de 20 % de majoration, perd 10,40 euros par semaine. Sur 45 semaines travaillées par an et trois ans, le rappel atteint 1 404 euros brut, avant cotisations et intérêts. Si ces heures n'ont pas été payées du tout, le rappel monte à 8 424 euros brut.
Verser une prime forfaitaire pour couvrir des heures non inscrites sur le bulletin est une pratique fréquente et risquée. L'article L. 8221-5 du Code du travail qualifie de travail dissimulé le fait de mentionner intentionnellement sur le bulletin un nombre d'heures inférieur à celui réellement accompli, sauf aménagement conventionnel du temps de travail. Une prime « heures sup » sans heures déclarées n'est pas une simplification, c'est un risque de redressement.
Correctement déclarées, les heures supplémentaires bénéficient d'avantages pour le salarié : selon Service Public, une réduction des cotisations salariales d'assurance vieillesse dans la limite de 11,31 % et une exonération d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros par an. Payées en prime, elles perdent ces avantages. Les règles de paie propres à la branche sont résumées dans l'article sur la convention collective HCR 2026, et le cas des contrats courts dans celui sur le contrat saisonnier en restauration.
Le cabinet paramètre la paie selon la convention HCR, contrôle les relevés d'heures et vous alerte quand le contingent ou les durées maximales approchent.
JUM Advisory vérifie les taux de majoration dans le logiciel de paie, la mensualisation des contrats à 39 heures, le suivi des compteurs de repos et les mentions du bulletin. Le cabinet chiffre aussi le coût d'une heure supplémentaire par rapport à une embauche ou à un extra, pour que le choix se fasse sur des chiffres.
Sur demande, le cabinet réalise un audit des heures des douze derniers mois et évalue le risque de rappel. Pour découvrir cet accompagnement comptable des CHR, ou trouver un cabinet d'expertise comptable spécialisé en restauration à Lyon, consultez les pages dédiées, puis demandez un rendez-vous.
Les taux de majoration, les compteurs et les relevés signés. Une vérification mensuelle de dix minutes évite des rappels sur trois ans.
Pour vérifier en même temps la classification de chaque salarié, la grille des salaires en restaurant complète cette liste.