Chaque année, la même question revient au moment de préparer les paies : combien vaut le Smic hôtelier en 2026, et est-il différent du Smic « normal » ? L'expression circule partout, des offres d'emploi aux simulateurs en ligne, alors qu'elle ne correspond à aucun texte. Ce qui existe, c'est le Smic national, une grille de salaires minima propre aux hôtels, cafés et restaurants, et des règles de durée du travail et de repas qui changent le montant réellement versé.
Cet article vous permet de savoir quel taux horaire appliquer, ce que change la nouvelle grille de la convention HCR applicable au 1er novembre 2026, comment calculer le salaire d'un employé payé au minimum sur 39 heures et comment traiter les repas sur le bulletin.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026. L'exemple chiffré est fictif et calculé en brut.
Non. Il n'existe qu'un Smic, fixé au niveau national et applicable à tous les secteurs. Ce que l'on appelle « Smic hôtelier » désigne en pratique le premier niveau de la grille de la convention HCR, combiné aux règles du secteur sur les 39 heures et les repas. C'est la première confusion qu'un expert-comptable spécialisé CHR lève lorsqu'il reprend la paie d'un établissement.
Le Smic est le salaire horaire minimum qu'aucun employeur ne peut descendre sous, quelle que soit la convention collective. Si un minimum conventionnel est inférieur au Smic, c'est le Smic qui s'applique, et l'employeur verse la différence. La convention HCR ne crée donc pas un Smic à part : elle fixe des minima par niveau et par échelon, qui doivent être au moins égaux au Smic.
Elle mélange trois réalités du secteur : le premier échelon de la grille HCR, souvent proche du Smic, la durée de 39 heures fréquente en restauration, avec des heures majorées, et l'avantage en nature repas qui apparaît sur le bulletin. Un « Smic hôtelier net » cité dans une annonce peut ainsi désigner des montants très différents selon la durée et les repas pris en compte. Le guide pour calculer sa paie en restauration en 2026 reprend ces éléments en détail.
Depuis le 1er juin 2026, le Smic horaire brut est de 12,31 euros en métropole, soit 1 867,02 euros brut par mois pour 35 heures. De janvier à mai 2026, il était de 12,02 euros.
Le Smic a été revalorisé au 1er janvier 2026, à 12,02 euros brut de l'heure, puis automatiquement au 1er juin 2026, sous l'effet de l'inflation. L'arrêté du 22 mai 2026, publié au Journal officiel du 24 mai, fixe le taux horaire brut à 12,31 euros en métropole, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon, et à 9,56 euros à Mayotte.
Le net dépend des cotisations salariales réellement applicables, de la mutuelle et des avantages en nature. À titre indicatif, Service Public Entreprendre donne un Smic net d'environ 1 477,93 euros par mois pour 35 heures. Pour un salarié HCR à 39 heures nourri sur place, le net figurant sur le bulletin sera différent : seul un calcul de paie complet donne le vrai montant.
Le même arrêté porte le minimum garanti de 4,25 euros à 4,35 euros à compter du 1er juin 2026. Cette valeur sert notamment à évaluer les repas fournis par l'employeur, ce qui en fait un chiffre clé de la paie en restauration.
L'avenant n° 36 du 4 juin 2026 fixe de nouveaux minima horaires pour les quinze positions de la grille, de 12,31 euros au niveau I échelon 1 à 28,68 euros au niveau V échelon 3. Selon le GHR, son arrêté d'extension a été publié au Journal officiel du 15 octobre 2026, ce qui le rend applicable au 1er novembre 2026.
Le préambule de l'avenant le dit clairement : la revalorisation automatique du Smic avait rattrapé plusieurs minima conventionnels. Les partenaires sociaux ont donc négocié une nouvelle grille, signée par l'UMIH, le GHR et le GNC côté employeurs, et par l'INOVA CFE-CGC et la CFDT côté salariés. L'avenant s'applique à toutes les entreprises de la branche, quel que soit leur effectif, et entre en vigueur le premier jour du mois suivant la publication de l'arrêté d'extension, selon son article 4.
| Niveau | Échelon 1 | Échelon 2 | Échelon 3 |
|---|---|---|---|
| Niveau I | 12,31 € | 12,37 € | 12,47 € |
| Niveau II | 12,58 € | 12,80 € | 13,43 € |
| Niveau III | 13,59 € | 13,81 € | 14,28 € |
| Niveau IV | 14,69 € | 15,07 € | 15,71 € |
| Niveau V | 18,80 € | 22,22 € | 28,68 € |
Taux horaires bruts minimaux, métropole et DROM. L'avenant s'applique le premier jour du mois suivant la publication de son arrêté d'extension au Journal officiel. Aucun salaire ne peut être inférieur au Smic en vigueur. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Texte de l'avenant et règles légales vérifiés le 19 octobre 2026.
Le niveau I échelon 1 est fixé à 12,31 euros, exactement le Smic horaire depuis le 1er juin. C'est ce taux que beaucoup appellent « Smic hôtelier ». Tous les autres échelons sont au-dessus du Smic : un salarié classé niveau II ou III payé au Smic est donc sous-payé, même si son bulletin affiche un taux légal. La classification se vérifie à partir des fonctions réellement exercées, comme l'explique l'article sur la convention collective HCR 2026.
Un salarié à 39 heures effectue chaque semaine quatre heures au-delà de la durée légale de 35 heures. Dans les HCR, ces heures sont majorées de 10 %, ce qui porte le brut mensuel au-dessus du Smic mensuel de 35 heures.
L'article 4 de l'avenant n° 2 du 5 février 2007 fixe les majorations des heures supplémentaires dans la branche : 10 % de la 36e à la 39e heure, 20 % de la 40e à la 43e heure, 50 % à partir de la 44e heure. Ces taux sont propres à la convention HCR et diffèrent du droit commun.
Prenons un commis payé au minimum du niveau I échelon 1 en novembre 2026, soit 12,31 euros de l'heure, à 39 heures par semaine. Les 35 premières heures représentent 151,67 heures par mois, soit 1 867,02 euros brut. Les quatre heures majorées représentent 17,33 heures par mois, payées 12,31 euros majorés de 10 %, soit environ 234,67 euros. Le salaire de base atteint donc environ 2 101,69 euros brut par mois, avant avantages en nature, primes éventuelles et cotisations. Ce calcul ne tient compte ni des absences, ni des heures au-delà de 39 heures, ni des jours fériés.
Le coût complet ajoute les cotisations patronales, diminuées des allègements applicables. Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique (RGDU) s'applique aux rémunérations inférieures à trois Smic, selon l'Urssaf. Pour 2026, un décret du 12 juin 2026 fige le Smic de référence de ce calcul à sa valeur du 1er janvier, soit 12,02 euros, comme le précise Service Public Entreprendre. Côté salarié, les heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an (Service Public). Le simulateur de coût d'un salarié et l'article sur la masse salariale en restauration vous aident à chiffrer l'ensemble.
Le repas fourni par l'employeur est un avantage en nature. À défaut de règle conventionnelle, il est évalué à un minimum garanti par repas, soit 4,35 euros depuis le 1er juin 2026.
L'article D. 3231-10 du Code du travail prévoit que la nourriture fournie par l'employeur est évaluée par la convention ou l'accord collectif, et à défaut à deux fois le minimum garanti par journée ou une fois ce minimum pour un seul repas. Une revalorisation du minimum garanti modifie donc les bulletins de tout le personnel nourri, ce qui a été le cas au 1er juin 2026.
L'article 35.2 de la convention HCR précise que le salarié qui prend son repas sur place, dans un établissement qui prépare des denrées alimentaires, ne peut se voir réclamer une contribution supérieure à l'évaluation de l'avantage en nature. Le traitement concret sur le bulletin (ajout au brut, retenue sur le net, indemnité compensatrice lorsque le repas n'est pas fourni) se paramètre une fois pour toutes dans le logiciel de paie et se contrôle à chaque changement de valeur.
Les plus fréquentes tiennent à la classification, à l'oubli d'une mise à jour de la grille et aux heures supplémentaires mal décomptées. Elles se découvrent souvent au départ d'un salarié, avec un rappel sur plusieurs années.
Classer au niveau I un cuisinier qualifié ou un chef de rang autonome pour rester au plus près du Smic est une erreur coûteuse : la différence de taux se rappelle sur toute la période. La grille des salaires en restaurant détaille les critères de chaque niveau.
Le passage à l'avenant n° 36 concerne chaque salarié dont le taux horaire est inférieur au nouveau minimum de sa position. Il faut vérifier les taux un par un, et pas seulement ceux des salariés payés au Smic.
Les heures au-delà de 39 heures, les coupures et les extras doivent être suivis précisément. Un planning tenu à jour et un relevé d'heures signé restent la meilleure protection en cas de litige.
Le cabinet établit vos bulletins selon la convention HCR, met à jour les taux à chaque revalorisation et vous alerte avant qu'un écart ne devienne un rappel de salaire.
JUM Advisory vérifie la classification de vos salariés, applique la nouvelle grille au 1er novembre 2026, paramètre les majorations, les repas et la RGDU, et chiffre le coût d'un recrutement avant l'embauche. Le cabinet intègre ces données dans votre prévisionnel pour que la masse salariale reste pilotée, et non subie.
Paie, comptabilité et conseil sont suivis par la même équipe, ce qui évite les incohérences entre bulletins, déclarations et comptes. Pour découvrir cet accompagnement comptable des CHR, ou trouver un expert-comptable pour restaurant à Lyon, consultez les pages dédiées, puis prenez rendez-vous avec le cabinet.
Contrôler chaque taux horaire au regard de la nouvelle grille et du Smic, puis vérifier les éléments variables du mois. Une demi-journée de vérification évite des mois de régularisation.
Pour aller plus loin sur le recrutement, l'article comment recruter des employés de restaurant en 2026 complète utilement cette liste.