Vous avez trouvé le local, le concept tient la route, et il ne manque plus que l'autorisation de servir un whisky ou un gin tonic. C'est là que la question du prix d'une licence 4 arrive, souvent avec des annonces dont les montants varient du simple au triple pour une même ville. Rien d'anormal : la licence IV est un bien rare, qui s'achète auprès d'un exploitant et dont la valeur dépend d'éléments que l'annonce ne dit presque jamais.
Cet article vous donne une méthode pour savoir ce que vaut une licence avant de faire une offre : ce qui la rend chère, ce qui doit faire baisser le prix, les vérifications qui évitent d'acheter un titre inutilisable et les coûts qui s'ajoutent à la signature. Il vous aide aussi à vérifier que vous avez réellement besoin d'une licence IV, ce qui n'est pas toujours le cas pour un restaurant.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026. Volontairement, aucune fourchette de prix n'est donnée : il n'existe pas de barème officiel et les montants affichés par des sites privés ne sont ni datés ni vérifiables.
Parce que l'État n'en crée plus : la seule façon d'en obtenir une est de la racheter à quelqu'un qui en possède déjà une. Les autres licences (licence III, petite licence restaurant, licence restaurant) sont gratuites et s'obtiennent par simple déclaration, comme le rappelle la fiche Service Public Entreprendre sur les licences de débits de boissons.
La licence IV permet de vendre, pour consommer sur place, l'ensemble des boissons dont la vente est autorisée, y compris les alcools distillés de plus de 18 degrés : whisky, rhum, vodka, gin. C'est la licence des bars, des cafés, des caves avec dégustation et des établissements de nuit. Un restaurant qui ne sert de l'alcool qu'à l'occasion des repas n'en a pas besoin : une licence restaurant suffit, et elle couvre aussi les alcools forts pendant le repas.
Le Code de la santé publique est sans ambiguïté : l'ouverture d'un nouvel établissement de 4e catégorie est interdite, hors cas particuliers prévus par la loi (articles L. 3332-1 et suivants du Code de la santé publique). Le nombre de licences ne peut donc que stagner ou baisser, au rythme des licences qui disparaissent faute d'exploitation.
Une parenthèse a existé : la loi du 27 décembre 2019 a permis, pendant trois ans, de créer une licence IV par simple déclaration dans les communes de moins de 3 500 habitants qui n'en avaient aucune, sans transfert possible hors de l'intercommunalité. Ce dispositif temporaire est arrivé à son terme fin 2022. Des propositions de loi visant à le rétablir ont été déposées depuis, mais à la date de vérification de cet article, aucune n'a abouti. Pour un projet à Lyon ou dans une grande agglomération, la question ne se pose de toute façon pas.
Il n'existe aucun prix officiel. L'administration elle-même se contente d'indiquer que le prix d'une licence IV est généralement élevé et varie dans le temps et selon les régions. Le prix est celui que deux parties acceptent, et il se construit à partir de quelques facteurs que vous pouvez évaluer vous-même.
Une annonce donne un prix demandé, pas un prix de vente. Elle ne dit pas si la licence est encore exploitée, depuis quand elle dort, si elle peut être déplacée jusqu'à votre commune ni si elle est vendue seule ou avec un fonds. Deux licences IV affichées au même prix peuvent avoir une valeur réelle très différente selon ces quatre points. C'est la raison pour laquelle cet article ne reprend aucune fourchette : un chiffre non sourcé vous donnerait une fausse assurance au moment de négocier.
Pour un projet lyonnais, faire valider ces paramètres par un expert-comptable pour restaurant à Lyon avant de signer une promesse permet de rattacher le prix à votre propre budget plutôt qu'à l'annonce.
En trois temps : vérifier que la licence est vivante, vérifier qu'elle peut être exploitée dans votre local, puis comparer son coût à ce qu'elle vous rapportera réellement. Les deux premiers points sont juridiques et éliminatoires, le troisième est économique.
La règle tient en une phrase : un débit de 3e ou 4e catégorie qui a cessé d'exister depuis plus de cinq ans est considéré comme supprimé et ne peut plus être transmis (article L. 3333-1 du Code de la santé publique). En cas de liquidation judiciaire, ce délai est prolongé jusqu'à la clôture des opérations, et il est suspendu pendant une fermeture provisoire décidée par l'autorité judiciaire ou administrative. Une fermeture définitive prononcée par décision de justice annule la licence.
Demandez donc la preuve de la dernière exploitation effective : déclarations, Z de caisse, factures de boissons, comptes annuels. Le récépissé de déclaration (Cerfa 11543) prouve qu'une déclaration a été faite, pas que la licence a été exploitée récemment.
Déplacer une licence dans la même commune s'appelle une translation. La déplacer dans une autre commune du département est un transfert, soumis à autorisation du préfet après consultation des maires concernés. Un transfert vers un département limitrophe est possible, mais le débit ne peut ensuite repartir vers un autre département avant huit ans. Les transferts plus lointains sont réservés à certains établissements touristiques, selon des critères fixés par décret.
Vérifiez aussi que votre local n'est pas situé dans une zone protégée (périmètres fixés par arrêté préfectoral autour des établissements de santé, des établissements d'enseignement ou de loisirs de la jeunesse, des stades, piscines et terrains de sport, selon l'article L. 3335-1 du Code de la santé publique). Une licence parfaitement valable peut être inutilisable à une adresse donnée.
| Point à vérifier | Ce que vous demandez au vendeur | Effet sur le prix |
|---|---|---|
| Licence encore valable | Date de la dernière exploitation effective et justificatifs (Z de caisse, factures, déclarations) | Une licence proche des cinq ans d'inexploitation perd de sa valeur, au-delà elle n'en a plus |
| Titulaire et historique | Récépissé de déclaration (Cerfa 11543), dernière mutation, identité du propriétaire de la licence | Un historique flou retarde la vente et justifie une négociation |
| Lieu d'exploitation possible | Commune actuelle, commune d'accueil, besoin d'une translation ou d'un transfert | Un transfert soumis à autorisation du préfet ajoute un risque de refus |
| Zones protégées | Distance avec les établissements protégés fixés par arrêté préfectoral autour de votre local | Un local en zone protégée peut rendre la licence inutilisable chez vous |
| Cession seule ou avec le fonds | Nature exacte de l'acte, éléments cédés, conditions suspensives | Le régime des droits d'enregistrement et les garanties changent |
| Utilité réelle pour votre concept | Part prévisible des alcools forts dans votre chiffre d'affaires | Si une licence restaurant suffit, le prix payé n'a pas de contrepartie |
Repères de lecture : chaque ligne renvoie à une section de l'article. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Synthèse des textes vérifiés le 19 octobre 2026. Les conditions détaillées restent exposées dans l'article.
Une licence IV ne produit rien par elle-même : elle autorise une partie du chiffre d'affaires. La bonne question est donc de savoir quelle part de vos ventes en dépend réellement (cocktails, digestifs, service hors repas) et en combien de temps la marge dégagée sur ces ventes couvre son prix. Le raisonnement est le même que pour un fonds de commerce, détaillé dans l'article sur la façon de racheter un restaurant sans tomber dans les pièges classiques.
Le prix négocié n'est pas le coût final. Il faut y ajouter la formation obligatoire, les frais d'acte et de formalités, et le coût du financement si la licence est payée à crédit.
Toute personne qui déclare l'ouverture, la mutation, la translation ou le transfert d'un débit de 3e ou 4e catégorie doit suivre une formation spécifique délivrée par un organisme agréé (article L. 3332-1-1 du Code de la santé publique). Selon Service Public Entreprendre, elle dure au moins 20 heures réparties sur au moins trois jours, son coût peut atteindre environ 1 000 euros, et le permis obtenu est valable dix ans, renouvelable par une formation de mise à jour d'au moins six heures.
Le changement de propriétaire ou d'exploitant se déclare au moins quinze jours à l'avance, à la mairie (à la préfecture de police à Paris), avec le formulaire Cerfa 11542 et l'attestation de permis d'exploitation. La démarche est gratuite, mais le délai de quinze jours doit figurer dans votre rétroplanning d'ouverture, au même titre que les travaux.
La cession fait l'objet d'un acte, rédigé par un avocat ou un notaire, et supporte des droits d'enregistrement dont le régime dépend de la nature de l'opération (licence vendue seule ou dans le cadre d'un fonds de commerce). Faites chiffrer ce point avant de signer, il pèse dans le budget. Si la licence est financée par un emprunt, ou par un brasseur en contrepartie d'un engagement d'approvisionnement, le coût du crédit et les contraintes du contrat s'ajoutent : le sujet est détaillé dans le guide sur le prêt brasseur et le contrat brasseur.
Pour un restaurant, souvent non. La licence IV ne se justifie que si vous vendez des alcools forts en dehors des repas : bar, comptoir, apéritif sans plat, soirée. Acheter une licence IV pour un établissement qui ne sert d'alcool qu'avec les repas revient à payer une option inutilisée.
La licence restaurant, gratuite, autorise toutes les boissons, alcools forts compris, à condition qu'elles soient servies à l'occasion des principaux repas et comme accessoires de la nourriture. La petite licence restaurant se limite aux boissons des groupes autorisés jusqu'à 18 degrés. La différence est développée dans l'article licence grand restaurant ou licence IV, et les démarches dans le guide de la grande licence restaurant.
Un bar à cocktails, un café qui sert un digestif au comptoir ou un restaurant avec un vrai espace bar ont besoin d'une licence IV pour cette partie de l'activité. Le choix se fait alors sur le modèle économique : marge sur les boissons, poids des ventes hors repas, horaires. La comptabilité d'un bar obéit d'ailleurs à des ratios différents de ceux d'un restaurant, ce qui change la lecture du prix de la licence.
Elle est inscrite à l'actif, comme une immobilisation incorporelle, pour son prix d'acquisition augmenté des frais directement attribuables. Elle ne passe pas en charges l'année de l'achat.
Une licence n'a pas de durée de validité fixée par les textes : elle reste valable tant qu'elle est exploitée. En pratique, elle n'est donc généralement pas amortie, mais elle peut faire l'objet d'une dépréciation si sa valeur réelle baisse, par exemple après une longue fermeture. Ce traitement se discute avec votre expert-comptable lors de l'acquisition, notamment si la licence est achetée avec un fonds de commerce et que le prix doit être réparti entre les éléments.
Le compte à utiliser et la répartition du prix entre licence, clientèle et matériel sont présentés dans l'article sur le plan comptable d'un restaurant.
Le cabinet intervient avant l'offre, pour que le prix proposé corresponde à ce que votre projet peut supporter, puis après la signature, pour intégrer correctement la licence dans vos comptes.
JUM Advisory construit ou relit votre prévisionnel en isolant le chiffre d'affaires qui dépend de la licence IV, vérifie avec vous les justificatifs d'exploitation fournis par le vendeur, intègre le prix, les droits et le coût du financement dans votre plan de financement et prépare le dossier bancaire. Lorsque la licence est cédée avec un fonds, le cabinet analyse les comptes du cédant et la répartition du prix.
Le cabinet enregistre l'acquisition à l'actif, suit la valeur de la licence d'un exercice à l'autre, et vous accompagne sur la paie, la TVA et le pilotage de l'établissement. Pour en savoir plus sur cet accompagnement, consultez la page de l'accompagnement comptable des CHR ou celle du cabinet d'expertise comptable spécialisé en restauration à Lyon, puis prenez contact avec le cabinet pour étudier votre projet.
Ne parlez prix qu'après avoir obtenu les preuves d'exploitation et la confirmation que la licence peut être exploitée à votre adresse. Tout le reste se négocie, ces deux points non.