Boissons autorisées avec la grande licence restaurant
Autorisation de vente par groupeGroupe 1Boissons sans alcoolEaux, sodas, jus, café, thé, laitAutorisé ✓Groupe 3Boissons fermentéesVin, bière, cidre, poiré, hydromel, vins doux naturels (≤ 18°)Autorisé ✓Groupe 4Rhums et alcools intermédiairesRhums, tafias, liqueurs et alcools dérivés du vin ou du cidreAutorisé ✓Groupe 5Spiritueux fortsWhisky, vodka, gin, tequila, cocktails, alcools distillésAutorisé ✓Grande licence restaurant : autorise tous les groupes
C'est donc la licence la plus complète pour un restaurateur : elle permet de proposer une carte des vins étoffée, des bières spéciales, des cocktails, des digestifs ou encore des spiritueux haut de gamme. La seule limite réside dans la nature de la consommation, qui doit impérativement s'inscrire dans le cadre d'un repas.
Cette formule juridique, issue de l'article L3331-2 du Code de la santé publique, est lourde de conséquences en pratique. Elle implique trois interdictions essentielles :
Concrètement, vous pouvez servir un cocktail en apéritif, mais celui-ci doit être pris en début de repas par un client qui commande effectivement de la nourriture. Cette règle est régulièrement contrôlée et son non-respect peut entraîner la fermeture administrative de l'établissement.
Pour obtenir une grande licence restaurant, l'exploitant doit remplir plusieurs conditions cumulatives prévues par le Code de la santé publique.
D'abord, certaines incapacités absolues s'appliquent. L'article L3336-1 du Code de la santé publique prévoit que les mineurs non émancipés et les majeurs sous tutelle ne peuvent exercer la profession de débitant de boissons. L'article L3336-2 ajoute que ne peuvent pas non plus exploiter un débit de boissons les personnes condamnées pour crime de droit commun ou pour certains délits limitativement énumérés (vol, escroquerie, abus de confiance, recel, infractions aux dispositions sur les stupéfiants, proxénétisme, récidive de coups et blessures ou d'ivresse publique).
Ensuite, l'exploitant doit obligatoirement :
Toute personne morale (SARL, SAS, EURL, etc.) peut également solliciter cette licence, mais le gérant ou le représentant légal devra remplir personnellement les conditions et détenir le permis d'exploitation.
La grande licence restaurant convient à un large panel d'établissements de restauration commerciale :
En revanche, un bar à vins ouvert toute la journée, un afterwork lounge ou un bar-restaurant proposant de l'alcool en continu devra opter pour une licence IV (avec ou sans licence restaurant complémentaire).
Le choix entre la grande licence restaurant et la licence IV est l'une des décisions stratégiques majeures au lancement d'un projet de restauration. Les enjeux financiers et opérationnels sont très différents.
Choix des licences alcool
Lecture simplifiée pour comprendre rapidement les différences
Synthèse décisionnelleRestaurationGrande licence restaurantUsageRestaurants, brasseriesLiberté d’exploitation encadréeAccès à l’alcoolTous groupes (1 à 5)Très largeCoûtFaibleFormation uniquementFlexibilitéRepas obligatoiresEncadréeDébit de boissonsLicence IVUsageBars, pubs, discothèquesTrès flexibleAccès à l’alcoolTous groupes (1 à 5)TotalCoûtÉlevéMarché de cessionRéglementationTrès encadréeNumerus clausus
Cette comparaison met en évidence un avantage majeur de la grande licence restaurant : elle est totalement gratuite à la création et n'est soumise à aucun quota. C'est un atout considérable pour un projet de restauration où l'alcool est un accessoire, non l'activité principale.
À l'inverse, la licence IV constitue un véritable bien patrimonial dont le prix de marché peut représenter une part significative du budget de lancement. À titre indicatif, en zone urbaine dense, une licence IV se négocie aujourd'hui entre 15 000 et 45 000 euros, et peut dépasser 60 000 euros à Paris et dans les grandes métropoles. Ces ordres de grandeur, observés sur le marché du courtage de licences, sont susceptibles d'évoluer selon l'offre locale.
La procédure d'obtention de la grande licence restaurant se déroule en trois étapes successives. Chacune doit être respectée scrupuleusement, sous peine de sanctions.
L'article L3332-1-1 du Code de la santé publique impose à toute personne déclarant l'ouverture d'un établissement pourvu de la « licence restaurant » de suivre une formation spécifique sur les droits et obligations attachés à l'exploitation. Cette formation est dispensée par des organismes agréés par arrêté ministériel.
Le programme couvre notamment :
À l'issue de cette formation, l'organisme délivre un permis d'exploitation valable dix ans. Au terme de cette période, une formation de mise à jour de quelques heures permet de prolonger la validité du permis pour dix années supplémentaires.
La durée du stage initial est généralement de 20 heures réparties sur 2,5 jours pour les nouveaux exploitants. Pour ceux qui peuvent justifier d'au moins dix ans d'expérience en qualité d'exploitant, une formation allégée d'une journée (environ 6 heures) suffit.
L'article L3332-4-1 du Code de la santé publique impose au futur exploitant de déclarer son ouverture au moins quinze jours avant le début effectif d'activité. Cette déclaration s'effectue :
Le dossier doit comporter le formulaire Cerfa n°11542*05 dûment complété, accompagné des pièces suivantes : copie de la pièce d'identité du déclarant, copie du permis d'exploitation en cours de validité, justificatif d'identité de la société le cas échéant. L'exploitant certifie également ne pas être visé par les incapacités prévues aux articles L3336-1, L3336-2 et L3336-3 du Code de la santé publique.
Une fois la déclaration déposée, la mairie ou la préfecture délivre immédiatement un récépissé (formulaire Cerfa n°11543*05). Ce document constitue la preuve officielle que vous détenez la licence restaurant et vous autorise à exercer. La mairie transmet ensuite, dans un délai de trois jours, copie intégrale du dossier au préfet du département.
Un contrôle a posteriori peut être effectué pour vérifier que les conditions d'exploitation sont respectées (notamment la conformité des locaux et la véracité des déclarations). En cas de manquement, l'exploitant peut être invité à régulariser sa situation avant de poursuivre son activité.
C'est l'un des grands avantages de cette licence : son obtention en elle-même est totalement gratuite. Contrairement à la licence IV qui nécessite un transfert payant sur le marché secondaire, la grande licence restaurant peut être créée librement, sans frais administratifs et sans quota communal. La déclaration en mairie ne donne lieu à aucun paiement.
En revanche, plusieurs dépenses obligatoires ou recommandées sont à prévoir dans le budget d'ouverture.
La formation au permis d'exploitation représente le seul coût réellement obligatoire. Les tarifs pratiqués par les organismes agréés varient selon la durée, le format (présentiel ou distanciel) et la zone géographique. À titre indicatif :
Ces fourchettes correspondent aux prix de marché observés actuellement et peuvent évoluer. Il est conseillé de comparer plusieurs organismes et de vérifier leur agrément ministériel avant de s'inscrire.
Plusieurs postes complémentaires sont à intégrer dans le plan de financement :
Coûts réglementaires en restauration
Obligations administratives, formations et dépenses associées
Synthèse des dépenses obligatoires et recommandéesObligatoirePermis d’exploitationNature : Formation réglementaire300 à 600 €ObligatoireDéclaration en mairieCerfa 11542GratuitObligatoireAffichage réglementaireMineurs, ivresse, interdictions légales20 à 50 €ObligatoireFormation hygiène HACCPRestauration commerciale250 à 500 €RecommandéConseil juridiqueAccompagnement création / conformitéVariableSelon prestataireObligatoireRenouvellement décennalTous les 10 ans150 à 300 €