Le 14 juillet tombe un samedi, la terrasse sera pleine et toute l'équipe travaille. Le commis est en repos ce jour-là, la serveuse arrivée en mars aussi. Qui a droit à quoi ? Les jours fériés en HCR obéissent à des règles propres à la convention collective des hôtels, cafés, restaurants, plus favorables que le Code du travail mais aussi plus techniques : jours fériés garantis, jours non garantis, prorata des saisonniers, solde de fin d'année. Et le 1er mai a encore son régime à part.
Cet article vous permet de savoir combien de jours fériés doit chaque salarié, comment les payer ou les compenser lorsqu'ils sont travaillés, que faire du 1er mai, et comment faire le bilan annuel que la convention impose.
Les règles citées sont vérifiées au 19 octobre 2026. L'exemple chiffré est fictif et calculé en brut.
Un salarié qui compte un an d'ancienneté dans l'établissement a droit, en plus du 1er mai, à 10 jours fériés par an, dont 6 sont garantis. C'est l'article 6 de l'avenant n° 6 du 15 décembre 2009 à la convention HCR qui fixe cette règle.
L'article L. 3133-1 du Code du travail liste onze fêtes légales : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre. Le 1er mai mis à part, il reste dix jours, ce qui correspond exactement aux dix jours fériés de la convention HCR.
Les jours fériés autres que le 1er mai relevaient à l'origine de l'article 26.2 de la convention du 30 avril 1997. Ce point a été remplacé par le titre III de l'avenant n° 2 du 5 février 2007, lui-même modifié par l'article 6 de l'avenant n° 6 du 15 décembre 2009, étendu par arrêté du 19 février 2010. C'est ce texte, et non le Code du travail seul, qui s'applique à tout établissement relevant de la branche. Un cabinet d'expertise comptable spécialisé en CHR le paramètre dans le logiciel de paie dès l'embauche, car l'erreur la plus fréquente consiste à appliquer le droit commun.
Le droit conventionnel aux dix jours suppose un an d'ancienneté dans le même établissement ou la même entreprise. Pour les saisonniers, la condition est de neuf mois d'ancienneté, appréciée au sens de l'article L. 1244-2 du Code du travail. Avant ces seuils, c'est le Code du travail qui s'applique, avec son propre seuil de trois mois pour le maintien du salaire.
Un jour férié garanti est un jour dont le salarié doit bénéficier quoi qu'il arrive : chômé et payé, compensé en temps ou indemnisé, même s'il tombe sur son jour de repos. La convention en prévoit six par an.
| Situation du salarié | 1er mai | 6 jours fériés garantis | 4 autres jours fériés |
|---|---|---|---|
| Ancienneté d'au moins 1 an, établissement permanent | Chômé et payé ; s'il est travaillé, salaire plus indemnité égale | Chômés et payés, compensés en temps ou indemnisés, même s'ils tombent un jour de repos | Chômés sans perte de salaire ; compensation s'ils sont travaillés ; rien s'ils tombent un jour de repos |
| Saisonnier avec 9 mois d'ancienneté | Même règle que tous les salariés | Au prorata du contrat, arrondi à l'entier supérieur ; solde payé en fin de contrat | Au prorata du contrat |
| Salarié à temps partiel | Même règle que tous les salariés | Mêmes droits que les salariés à temps plein | Mêmes droits, compensation au prorata si le contrat couvre moins de 5 jours par semaine |
| Moins d'un an d'ancienneté | Même règle que tous les salariés | Pas de droit conventionnel : Code du travail | Maintien du salaire si chômé, à partir de 3 mois d'ancienneté |
Synthèse de l'article 6 de l'avenant n° 6 du 15 décembre 2009, de l'article 26.1 de la convention HCR et des articles L. 3133-3 et L. 3133-6 du Code du travail. Une convention ou un accord d'entreprise peut prévoir mieux. Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.
Textes conventionnels et légaux vérifiés le 19 octobre 2026.
En restauration, le repos hebdomadaire tourne et les jours fériés sont souvent des jours de forte activité. Sans garantie, un salarié dont le repos tombe régulièrement un jour férié n'en profiterait jamais. La garantie neutralise ce hasard du planning : six jours fériés sont dus, que le salarié travaille, soit en repos ou soit en congé ce jour-là.
La convention fixe un nombre de jours garantis, six, et non une liste de dates. En pratique, l'employeur suit au fil de l'année les jours fériés dont chaque salarié a bénéficié, et vérifie en fin d'année que le compte de six est atteint. Rien n'empêche d'indiquer dans le règlement intérieur ou le contrat la façon dont les jours sont décomptés, ce qui facilite le dialogue avec l'équipe.
Pour les quatre jours restants, la règle est plus simple : chômés, ils ne doivent entraîner aucune réduction de salaire ; travaillés parce que l'activité l'exige, ils donnent lieu à une compensation. En revanche, un jour férié non garanti qui tombe sur un jour de repos n'ouvre droit à aucune compensation ni indemnisation.
Hors 1er mai, travailler un jour férié n'ouvre pas de majoration légale. En HCR, le salarié qui a l'ancienneté requise est payé normalement pour ses heures et le jour férié lui est compensé en repos ou indemnisé.
Selon l'avenant n° 6, les jours garantis non pris peuvent, avec l'accord de l'employeur, être pris en repos, isolément ou en continu, par exemple pour constituer une semaine de congés, ou être indemnisés. Le choix a un effet direct sur le coût : le repos ne coûte pas de salaire supplémentaire mais doit être remplacé sur le planning, l'indemnité s'ajoute au brut et aux cotisations. L'article sur la masse salariale en restauration aide à arbitrer.
Prenons un chef de partie payé 15 euros brut de l'heure, taux fictif, avec un an d'ancienneté, qui travaille 8 heures le 14 juillet, jour férié garanti. Il perçoit ses 120 euros de salaire pour la journée travaillée. Le jour férié reste dû : soit il récupère une journée de repos payée plus tard, soit il reçoit une indemnité correspondant à sa journée, soit environ 120 euros brut de plus. Le même jour coûte donc soit une journée de remplacement, soit une journée de salaire supplémentaire, ce que le prévisionnel doit intégrer pour les mois chargés en fériés comme mai.
Le jour férié travaillé compte comme une journée normale dans le décompte de la durée du travail. Les heures au-delà de 35 heures dans la semaine restent majorées selon les taux de la branche, détaillés dans l'article sur les heures supplémentaires en HCR.
Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé. S'il est travaillé, le salarié perçoit son salaire et une indemnité d'un montant égal, ce qui revient à doubler la journée.
Le 1er mai est jour férié et chômé, et son chômage ne peut entraîner aucune baisse de salaire, rappelle Service Public Entreprendre. Seuls peuvent travailler les salariés des établissements qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail. Dans ce cas, l'article L. 3133-6 du Code du travail prévoit, en plus du salaire correspondant au travail effectué, une indemnité égale à ce salaire, à la charge de l'employeur.
L'article 26.1 de la convention HCR distingue trois cas. Si le 1er mai tombe un jour de fermeture habituelle ou un jour de repos du salarié, la rémunération n'est pas modifiée. Si c'est un jour habituellement travaillé mais que l'employeur ferme, il doit assurer la rémunération normale. S'il est travaillé, une indemnité est versée, proportionnelle au salaire de la journée hors avantages en nature pour les salariés au fixe, égale à la répartition du service pour les salariés payés au service.
L'article R. 3135-3 du Code du travail punit la méconnaissance des règles du 1er mai de l'amende prévue pour les contraventions de quatrième classe, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés indûment employés ou rémunérés. L'ouverture d'un restaurant le 1er mai suppose donc de pouvoir justifier que l'activité ne peut être interrompue et de payer la journée double. Le Code du travail ne dresse aucune liste des activités concernées : l'appréciation se fait au cas par cas.
Un projet de loi sur le travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes a été adopté en première lecture par le Sénat et transmis à l'Assemblée nationale en juin 2026. Il ne vise pas la restauration et n'était pas définitivement adopté à la date de vérification.
Les saisonniers ont des droits au prorata de leur contrat dès neuf mois d'ancienneté, les temps partiels ont les mêmes droits que les temps pleins, et les extras relèvent en pratique du Code du travail.
Pour les établissements saisonniers et les salariés sous contrat saisonnier d'un établissement permanent, les jours fériés sont accordés au prorata de la durée du contrat, chiffre arrondi à l'entier supérieur. À la fin du contrat, l'employeur doit payer les jours garantis restant dus. Un établissement ouvert plus de neuf mois par an applique le régime des établissements permanents, sauf pour ses salariés sous contrat saisonnier. Le contrat saisonnier en restauration détaille les autres règles propres à ces contrats.
Ils bénéficient des mêmes droits que les salariés à temps plein. Lorsque leur contrat répartit le travail sur moins de cinq jours par semaine, la compensation d'un jour férié tombant un jour de repos se calcule au prorata de leur temps de travail. Le chômage d'un jour férié ne doit entraîner aucune réduction de salaire.
Un extra, embauché pour quelques jours, n'atteint presque jamais l'ancienneté conventionnelle. L'article L. 3133-3 du Code du travail garantit le maintien du salaire en cas de jour férié chômé aux salariés ayant au moins trois mois d'ancienneté, en excluant notamment les salariés intermittents et temporaires. L'article sur le contrat d'extra en restauration précise le cadre de ces embauches courtes. Pour les salariés de moins de 18 ans, le travail les jours fériés est en principe interdit, avec des dérogations dans certains secteurs dont la restauration.
En fin d'année civile, l'employeur vérifie le compte des jours garantis de chaque salarié et l'informe par écrit de ses droits restants. Les jours non soldés peuvent être pris ou indemnisés dans les six mois, puis doivent obligatoirement être payés.
Selon l'avenant n° 6, le salarié dispose de six mois, avec l'accord de l'employeur, pour prendre ses jours garantis restants, isolément ou en continu, ou pour être indemnisé. Passé ce délai, les jours restants sont obligatoirement rémunérés. Pour l'année 2026, le bilan se fait donc fin décembre, avec un solde à régler au plus tard à la fin du premier semestre 2027.
Le suivi des jours fériés passe par le planning et le bulletin : jours chômés, jours travaillés, jours compensés, indemnités versées. L'article pour calculer sa paie en restauration en 2026 montre comment ces lignes s'articulent avec les heures majorées et les repas, et celui sur la convention collective HCR 2026 rappelle les autres obligations de la branche.
Le cabinet établit les bulletins selon la convention HCR, suit les compteurs de jours fériés garantis et prépare le bilan de fin d'année avec vous.
JUM Advisory paramètre les règles de l'avenant n° 6 et de l'article 26.1, contrôle les plannings des mois chargés en jours fériés, calcule les indemnités dues aux saisonniers en fin de contrat et vous alerte sur les soldes à régler avant l'échéance. Le coût des jours fériés travaillés est intégré au prévisionnel, mois par mois.
La même équipe suit la paie, la comptabilité et le conseil, ce qui évite les écarts entre planning, bulletins et provisions de fin d'exercice. Pour en savoir plus sur cette expertise comptable restauration, ou sur le travail d'un expert-comptable restaurateur à Lyon, consultez les pages dédiées, puis contactez le cabinet.
Les plus courantes : appliquer le droit commun au lieu de la convention, oublier les jours garantis tombés un jour de repos, et ne pas solder les compteurs dans le délai de six mois.
Ces erreurs se découvrent souvent lors d'un départ ou d'un contrôle, avec un rappel sur plusieurs années. Le simulateur de coût d'un salarié permet d'en chiffrer l'enjeu avant qu'il ne se pose.