3/6/2026

Quel apport faut-il pour ouvrir une franchise restaurant ?

Découvrez quel apport est nécessaire pour ouvrir une franchise de restaurant : montant moyen, frais à prévoir et conseils pratiques pour réussir votre projet entrepreneurial dans la restauration.
Pierre Meniaud

Budget estimatif pour ouvrir un restaurant

Poste de dépense Restauration rapide Restaurant traditionnel / thématique Concept premium
Droit d'entrée 10 000 – 30 000 € 15 000 – 40 000 € 30 000 – 80 000 €
Travaux et aménagement 80 000 – 200 000 € 150 000 – 350 000 € 300 000 – 600 000 €
Pas-de-porte 0 – 50 000 € 20 000 – 150 000 € 50 000 – 300 000 €
Dépôt de garantie 5 000 – 15 000 € 10 000 – 25 000 € 20 000 – 50 000 €
Stock initial 5 000 – 10 000 € 8 000 – 20 000 € 15 000 – 30 000 €
BFR 20 000 – 40 000 € 30 000 – 60 000 € 50 000 – 100 000 €
Frais de création 1 000 – 3 000 € 2 000 – 5 000 € 3 000 – 8 000 €
Total estimé 121 000 – 348 000 € 235 000 – 650 000 € 468 000 – 1 168 000 €

Ces estimations sont données à titre indicatif et peuvent varier significativement selon l'enseigne, la localisation géographique, la surface du local et les conditions du marché immobilier commercial.

Quel apport personnel minimum faut-il disposer ?

La règle des 30 % : un point de repère bancaire incontournable

La question de l'apport personnel est centrale dans tout projet de franchise. Les banques, dans leur majorité, exigent que le porteur de projet dispose d'un apport personnel représentant au minimum 20 à 30 % du montant total de l'investissement. Cette règle de prudence bancaire est aujourd'hui un standard du secteur.

Concrètement, cela signifie que pour un projet d'investissement total de 300 000 euros, la banque attendra un apport personnel d'au moins 60 000 à 90 000 euros. Pour un projet plus ambitieux à 500 000 euros, l'apport attendu sera de l'ordre de 100 000 à 150 000 euros.

L'apport personnel est un signal fort envoyé à la banque : il démontre votre engagement financier dans le projet, votre capacité à épargner et à gérer vos finances personnelles, et réduit le risque perçu par l'établissement de crédit. Un apport insuffisant est l'une des principales causes de refus de financement bancaire.

Ce qui peut constituer l'apport personnel

L'apport personnel ne se limite pas nécessairement aux liquidités disponibles sur un compte bancaire. Il peut être constitué de :

  • L'épargne personnelle : livrets, comptes à terme, assurance-vie en cours de rachat ;
  • Les apports en nature : équipements professionnels déjà en votre possession, véhicule utilitaire, matériel de cuisine, sous réserve d'accord du franchiseur ;
  • Le déblocage anticipé de l'épargne salariale (PEE, PERCO) dans le cadre de la création ou reprise d'entreprise, une possibilité expressément prévue par le Code du travail ;
  • Les aides et subventions non remboursables : certaines régions ou collectivités locales accordent des aides à la création d'entreprise qui peuvent être assimilées à l'apport ;
  • Le prêt d'honneur accordé par des organismes tels que Initiative France ou Réseau Entreprendre : ces prêts à taux zéro, sans garantie personnelle, sont généralement assimilés à des fonds propres par les banques et permettent de renforcer l'apport.

Le cas particulier du porteur de projet demandeur d'emploi

Les demandeurs d'emploi bénéficiaires de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) peuvent opter pour l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise), versée par France Travail. Cette aide correspond à 60 % du reliquat des droits ARE au moment de la création de l'entreprise, versés en deux fois. Cette somme peut constituer une part significative de l'apport personnel pour les porteurs de projet éligibles.

Comment financer la partie non couverte par l'apport ?

Le prêt bancaire professionnel

Le prêt bancaire classique reste le mode de financement principal des projets de franchise en restauration. Il permet de couvrir la partie de l'investissement non financée par l'apport personnel, généralement entre 70 et 80 % du montant total. La durée de remboursement est généralement comprise entre cinq et sept ans pour les équipements, et peut aller jusqu'à dix ans pour les travaux d'aménagement.

Pour obtenir un financement bancaire dans de bonnes conditions, il est indispensable de présenter un dossier complet et solide, comprenant notamment : un business plan détaillé, un prévisionnel financier sur trois ans (compte de résultat, plan de trésorerie, bilan prévisionnel), le DIP remis par le franchiseur, les résultats financiers des franchisés du réseau et les éléments personnels du porteur de projet (avis d'imposition, relevés de patrimoine, curriculum vitae).

Le dispositif Bpifrance et les garanties publiques

Bpifrance, la banque publique d'investissement, propose plusieurs dispositifs d'accompagnement des créateurs et repreneurs d'entreprise. Parmi les plus utiles pour les franchisés en restauration :

  • La garantie Bpifrance, qui couvre jusqu'à 70 % du prêt bancaire en cas de défaillance, permettant ainsi à la banque d'accorder le financement plus facilement et à de meilleures conditions ;
  • Le prêt à la création d'entreprise (PCE), un prêt sans garantie ni caution personnelle, d'un montant maximum de 10 000 euros, venant en complément d'un financement bancaire.

Le crédit-bail mobilier et le leasing

Pour financer les équipements professionnels de cuisine (fours, réfrigérateurs, hottes, matériels de préparation), le crédit-bail mobilier est une solution souvent privilégiée. Elle permet de ne pas immobiliser de trésorerie dans l'achat de matériel, de bénéficier de loyers déductibles fiscalement en application des règles du Code général des impôts, et de renouveler plus facilement le matériel en fin de contrat.

Sur le plan fiscal, les loyers de crédit-bail versés par l'entreprise sont déductibles du résultat imposable en tant que charges d'exploitation, conformément aux dispositions des articles 39 et suivants du Code général des impôts, ce qui constitue un avantage non négligeable.

Le crowdfunding et les investisseurs privés

Dans certains cas, les porteurs de projet font appel à des plateformes de financement participatif (crowdfunding) ou à des investisseurs privés (business angels, membres de la famille). Ces solutions permettent de renforcer les fonds propres sans passer par le circuit bancaire classique, mais elles impliquent de partager la gouvernance ou les bénéfices futurs selon les modalités retenues.

Quel statut juridique choisir pour exploiter une franchise restaurant ?

La société : une structure quasi incontournable

L'immense majorité des franchisés en restauration exercent leur activité sous forme de société commerciale, la plus répandue étant la SARL (Société à Responsabilité Limitée) ou la SAS (Société par Actions Simplifiée). Ces deux formes protègent le patrimoine personnel du dirigeant en limitant sa responsabilité au montant de ses apports, conformément aux articles L. 223-1 et L. 227-1 du Code de commerce.

Comparatif SARL / SAS

Comparatif SARL / SAS

Critère SARL SAS
Responsabilité Limitée aux apports Limitée aux apports
Régime social du dirigeant TNS (cotisations réduites) Assimilé-salarié (protection sociale plus complète)
Flexibilité des statuts Encadrée par la loi Grande liberté statutaire
Cession de parts Agrément obligatoire des associés Plus souple
Convient pour Projets familiaux, associés proches Entrée d'investisseurs, partenaires
FAQs
Vos questions fréquentes

Quel apport personnel faut-il pour ouvrir une franchise restaurant ?

Qu'est-ce que la regle des 30 % ?

Qu'est-ce qui peut constituer l'apport personnel ?

Quel budget total prevoir pour ouvrir une franchise restaurant ?

Comment financer la partie non couverte par l'apport ?

Le crowdfunding est-il une option pour completer l'apport ?

Le statut de demandeur d'emploi change-t-il la donne ?

Le credit-bail reduit-il l'apport necessaire ?